Accident de Brétigny: «Il faut une remise en cause profonde à la SNCF»

INTERVIEW Porte-parole de la Fédération nationale des victimes d’accidents collectifs (Fenvac), Stéphane Gicquel réagit au rapport d’expertise sur le déraillement du train de Brétigny-sur-Orge (Essonne)…

Vincent Vantighem

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Pontoise, le 6 décembre 2010. Porte-parole de la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs, Stéphane Gicquel assiste au procès du Concorde.
Pontoise, le 6 décembre 2010. Porte-parole de la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs, Stéphane Gicquel assiste au procès du Concorde. — FRANCK FIFE / AFP

Il s’attendait à ce que le rapport soit «mauvais» pour la SNCF. Mais pas à ce point. En lien avec les familles qui ont perdu un proche dans le déraillement d’un train à Brétigny-sur-Orge (Essonne) le 13 juillet 2013, Stéphane Gicquel, le porte-parole de la Fédération nationale des victimes d’accidents collectifs (Fenvac), réagit au rapport d’expertise qui parle d’un «état de délabrement jamais vu» du réseau ferré.

Comment réagissez-vous au rapport d’expertise?
C’est un choc pour la Fédération et les familles de victimes. On savait qu’il y avait eu un problème de maintenance de la part de la SNCF. Mais pas de cette ampleur. Le rapport évoque un problème de fissure identifié en 2008. Les ingénieurs de la SNCF, eux-mêmes, étaient au courant et inquiets de la situation.

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En dehors de celle qui a conduit au déraillement, deux autres éclisses étaient défectueuses. La lame de l’aiguillage aussi. En lisant le rapport, on se dit que c’était la chronique d’une catastrophe annoncée. Le déraillement ne pouvait pas ne pas avoir lieu…

La SNCF se défend en disant qu’il ne s’agit que des conclusions du rapport d’expertise et non pas son intégralité…
Certes, nous ne disposons que des conclusions. Mais elles doivent bien refléter le rapport. Je n’ai jamais vu un rapport avec des conclusions différentes que le propos général. Il n’y a pas d’ambiguïté. Après, c’est la vision des experts. Mais je salue leur travail et leur sens de l’indépendance.

Qu’attendez-vous désormais?
Que l’enquête se poursuive et que la SNCF en tire toutes les conclusions.

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L’entreprise est bousculée par cet événement plus qu’elle ne le pensait. Au départ, elle se disait que c’était peut-être la faillite d’un homme ou d’un service. Elle se rend compte aujourd’hui que c’est surtout la faillite d’un système.

La SNCF peut-elle perdre la confiance des usagers?
Le rapport évoque ainsi une situation similaire sur la gare de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Brétigny-sur-Orge n’est donc pas un cas isolé. Oui, je pense donc que les usagers du train vont se poser des questions. Et c’est normal. Il faut une remise en cause profonde de la SNCF. Il faut tout remettre en cause.