Ambiance tendue pour la troisième conférence sociale

SOCIAL François Hollande doit rencontrer l’ensemble des organisations syndicales ce lundi après-midi…

Vincent Vantighem

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Banderoles de la CGT lors d'une manifestation de la SNCF à Paris, le 17 juin 2014
Banderoles de la CGT lors d'une manifestation de la SNCF à Paris, le 17 juin 2014 — Eric Cabanis AFP

Il y a bien une atmosphère de vacances. Mais pourtant, le climat social ne sera sans doute pas au beau fixe à l’occasion de la troisième conférence sociale. En préambule de cette troisième grand-messe sociale du quinquennat, le chef de l’Etat rencontre lundi après-midi à huis clos les dirigeants des organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et patronales (Medef, CGPME, UPA), sur fond de chômage record et de croissance atone.

François Hollande s’exprimera dans la foulée en séance plénière au palais d’Iéna, l’occasion pour lui de faire le point sur le pacte de responsabilité, sur que lequel il compte pour sortir le pays du chômage de masse. «L’enjeu de la conférence, ce sera avant tout l’emploi», dit-on au ministère du Travail, alors que plus de 3,3 millions de personnes n’ont aucune activité.

Le report du compte pénibilité

Tous les leaders ont répondu présents pour cette réunion, car «débattre avec le président de la République est un acte républicain», selon Thierry Lepaon (CGT), mais le climat risque d’être moins consensuel que lors des deux précédentes conférences sociales.

Pour les syndicats, les motifs de mécontentement s’accumulent. La CGT et FO, opposés depuis le début au pacte de responsabilité rebaptisé par eux «pacte d’austérité», mais aussi la CFDT ont très mal pris les récentes décisions du Premier ministre.

Manuel Valls a annoncé la semaine dernière que l’entrée en vigueur du compte pénibilité, qui doit permettre à certains salariés de partir plus tôt à la retraite, serait partiellement reportée à 2016 au lieu du 1er janvier 2015. Il a aussi invité les partenaires sociaux à discuter d’une simplification du code du Travail, une perspective que les syndicats ont d’ores et déjà repoussée.

La CGT et FO menacent de boycotter

Accusant le gouvernement de céder aux «injonctions» du patronat, ils ont aussi reproché à Manuel Valls de ne pas les avoir consultés et dénoncé «un coup porté» au dialogue social. Résultat: si les organisations patronales, satisfaites, sont revenues sur leur menace de boycotter la conférence sociale, c’est au tour de la CGT et de FO d’envisager de la bouder partiellement.

>> Eclairage: FO menace de boycotter la conférence sociale

«On marquera le coup», a prévenu Jean-Claude Mailly (FO). «Pas question de cantonner les syndicats dans un rôle de figuration», a dit Thierry Lepaon.

Ces deux centrales réuniront leurs instances lundi pour voir si elles participeront mardi aux sept tables rondes présidées par neuf ministres et surtout si elles assisteront au discours de clôture de Manuel Valls.