Disneyland Paris accusé de discriminations par une association de handicapés

HANDICAP L'Unapei (Union nationale des associations de parents d'enfants inadaptés) va déposer une plainte ce jeudi contre le parc...

B. de V.

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La crise qui affecte l'Europe du sud et la mauvaise météo du printemps ont plombé au troisième trimestre l'activité et la fréquentation des parcs du groupe Eurodisney, qui se montre "prudent" pour la fin de son exercice décalé.
La crise qui affecte l'Europe du sud et la mauvaise météo du printemps ont plombé au troisième trimestre l'activité et la fréquentation des parcs du groupe Eurodisney, qui se montre "prudent" pour la fin de son exercice décalé. — Thomas Samson AFP

«Des actes intolérables à l'égard des personnes handicapées mentales au sein d'un parc d'attraction d'une grande firme». C'est l'accusation de l'Unapei (Union nationale des associations de parents d'enfants inadaptés) qui va déposer une plainte ce jeudi contre le parc de Disneyland Paris.

Pourquoi? Selon de nombreuses familles et associations de personnes handicapées mentales qui ont exposé leur cas à l'Unapei, il existerait un «délit de faciès». «Les personnes qui présentent un handicap mental visible se voient refuser l'accès aux attractions et sont sorties de la file. Elles n'ont pas d'autre choix que de s'identifier en tant que visiteur handicapé et obtenir le «pass» dit «prioritaire» pour espérer profiter des attractions», indique l'Unapei.

Des pratiques discriminatoires institutionnalisées

Or ce pass servirait à mettre les personnes handicapées à l'écart et les contraindre à suivre des règles différentes et dérogatoires d'accès aux manèges, dénonce le collectif. De même, un groupe de quatre personnes handicapées avec un accompagnateur ne peut pas faire les attractions ensemble, rajoute l'Unapei. L'accompagnateur devrait faire quatre fois l'attraction pour permettre aux personnes handicapées de la faire chacune à son tour».

«Pour la première destination touristique européenne et française, il est intolérable de voir de telles pratiques discriminatoires institutionnalisées», s'insurge Christel Prado, présidente de l'Unapei.

Interrogée, la direction de Disney s'est dite jeudi «très surprise» par ces accusations. «Nous avons travaillé en collaboration avec l'Unapei pour établir un certain nombre de règles de sécurité», affirme Daniel Delcourt, directeur général adjoint en charge des opérations.