Qui est Paul Barril, l’ancien n°2 du GIGN qui s'est brièvement retranché armé à Antibes?

PORTRAIT Il a commencé sa carrière dans la gendarmerie comme officier avant de co-créer le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)...

William Molinié

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Paul Barril, ancien numéro deux de la cellule anti-terroriste à l'Elysée , le 15 novembre 2004 au Palais de justice de Paris
Paul Barril, ancien numéro deux de la cellule anti-terroriste à l'Elysée , le 15 novembre 2004 au Palais de justice de Paris — Jack Guez AFP

A 68 ans, Paul Barril, l’ancien numéro deux du GIGN qui s’est retranché armé à son domicile d’Antibes ce lundi matin avant de se rendre, était dans le collimateur de plusieurs ONG qui demandaient sa mise en examen pour «complicité de génocide» au Rwanda. De son côté, l’ancien militaire reconverti dans la sécurité privée, dénonçait des attaques «orchestrées par le même petit groupe de personnes, toutes proches du pouvoir rwandais».

Né en 1946, dans l’Isère, Paul Barril souffrait de la maladie de Parkinson. Il a commencé sa carrière dans la gendarmerie comme officier avant de co-créer le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Il a aussi participé, avec Christian Prouteau, à la création de la cellule antiterroriste de l’Elysée sous le premier septennat de François Mitterrand.

Conseiller de l’ancien président rwandais

En 1979, il a fait partie de l’équipe du GIGN envoyée à La Mecque pour aider l’Arabie Saoudite à maîtriser des preneurs d’otages dans la grande mosquée. Il est dans un premier temps mis en cause pour une perquisition irrégulière réalisée chez les «Irlandais de Vincennes», avant d’être écarté dans cette affaire. Dans l’affaire des écoutes de l’Elysée, il avait été condamné en 2005 à six mois de prison avec sursis.

Mais c’est surtout le Rwanda qui apparaît comme l’élément le plus controversé de la carrière de Paul Barril. A l’époque où se prépare le génocide des Tutsis, au début des années 1990, il est contacté par les services de renseignement rwandais et se présente comme un conseiller du président Juvénal Habyarimana.

Pas d’explication

Visé par deux instructions au parquet antiterroriste de Paris, liées au génocide rwandais, Paul Barril ne cessait de répéter, notamment dans une interview accordée au Point en avril, que Paul Kagame était le commanditaire de l’attentat qui a tué le 6 avril 1994 le président rwandais Juvénal Habyarimana.

Ce lundi matin, l’ancien super-gendarme s’est rendu sans heurt, après s’être barricadé à son domicile d’Antibes. Pour l’heure, aucune explication n’a été donnée quant aux raisons de ce geste. Seul élément connu, un négociateur du groupe d’intervention de la police nationale (GIPN) a réussi à rentrer en contact avec lui et à le convaincre de se rendre.

Un «tsunami policier»

Selon son avocate, qui parle d'«enchaînement malheureux», c’est un problème lié à son traitement médicamenteux pour la maladie de Parkinson qui a déclenché l’appel aux pompiers. «Suite à un ennui de santé, les pompiers ont été appelés. Ils ont constaté la présence d’armes, ce qui a déclenché une espèce de “tsunami policier"», a raconté Me Sophie Jonquet.

«Le GIPN est intervenu et après, ne comprenant pas trop ce qui se passait, les choses ont pris un peu de temps. Les choses se sont terminées naturellement, tout va bien. Paul Barril a été évacué à l’hôpital suite à son ennui de santé», a-t-elle ajouté, soulignant qu’il «n’y a aucun blessé» et que personne n’a été séquestré.