Ecoutes de Sarkozy: Son avocat Thierry Herzog et deux magistrats placés en garde à vue

JUSTICE Les enquêteurs soupçonnent le défenseur de Nicolas Sarkozy d'avoir tenté d'obtenir des informations de Gilbert Azibert en échange d'un poste de prestige...

N.Beu. avec AFP
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Thierry Herzog à son arrivée au palais de justice le 10 mars 2014 à Paris
Thierry Herzog à son arrivée au palais de justice le 10 mars 2014 à Paris — Martin Bureau AFP

Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, et deux hauts magistrats, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, ont été placés en garde à vue ce lundi dans le cadre de l'affaire de trafic d'influence et de violation du secret de l'instruction visant l'avocat ainsi que son client Nicolas Sarkozy, selon l'AFP, confirmant une information du Monde.

L'office anticorruption de la police judiciaire cherche à établir si l'ancien chef de l'Etat, avec l'appui de Me Herzog, a cherché à obtenir des informations auprès d'un haut magistrat sur une enquête le concernant en échange de la promesse d'un poste de prestige. Dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 26 février par le parquet national financier, les enquêteurs veulent aussi savoir si Nicolas Sarkozy a été illicitement informé de son placement sur écoutes.

Cette mesure, spectaculaire s'agissant d'un ancien président, avait été décidée en septembre dans une autre enquête, celle sur les accusations de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

Sarkozy pourrait être entendu

Lundi, les policiers sont allés interpeller à son domicile bordelais le magistrat en question, Gilbert Azibert, avocat général à la Cour de cassation qui devait être conduit, pour sa garde à vue, à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), a-t-on affirmé de source judiciaire. Me Herzog y est lui arrivé lundi matin, ont constaté des journalistes de l'AFP. Un autre avocat général à la haute juridiction, Patrick Sassoust, a également été placé en garde à vue.

Au moment où les rumeurs sur sa volonté de prendre la tête de l'UMP à l'automne se précisent, Nicolas Sarkozy pourrait lui-même être rapidement entendu, avait indiqué la semaine dernière à l'AFP une source proche du dossier. Gilbert Azibert et Thierry Herzog avaient déjà vu leurs domiciles et leurs locaux professionnels perquisitionnés début mars. Le téléphone portable et du matériel informatique avaient été saisis chez l'avocat.

Perquisitions début mars

A l'écoute des échanges entre Nicolas Sarkozy et Maurice Herzog, la justice soupçonne, par ailleurs, qu'ils tentaient d'obtenir auprès d'un haut magistrat (Gilbert Azibert, un ami de vingt ans d'Herzog) des informations confidentielles sur l'ancien chef de l'Etat dans une procédure le concernant en échange d'une promesse d'intervention pour un poste de prestige. Les enquêteurs soupçonnent également Nicolas Sarkozy d'avoir été informé qu'il était sur écoute dans l'enquête sur le financement libyen. L'ex-président étant avocat, le conseil de l'ordre avait été nécessairement informé de cette mesure décidée par les juges en septembre 2013.

Plusieurs des proches de Nicolas Sarkozy ont aussi été placés sur écoute, comme Claude Guéant, Brice Hortefeux ou encore l'ancien préfet de police et patron de la police nationale Michel Gaudin, désormais directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy. Dans ses échanges téléphoniques, Michel Gaudin tente en vain d'obtenir des renseignements sur l'enquête sur le financement libyen auprès du patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar.

Les policiers de l'office anticorruption de la DCPJ ont mené début mars des perquisitions, notamment au domicile et au cabinet de Me Herzog, y saisissant son téléphone et du matériel informatique.