Charente: Des hommes relaxés après avoir agressé sexuellement une handicapée mentale

JUSTICE Pour le juge, ils n'avaient pas conscience de l'état de la victime et donc de son absence de consentement...

C.B.

— 

Illustration: La balance de la justice.
Illustration: La balance de la justice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Avaient-ils conscience qu’elle n’était pas d’accord? Pour le tribunal de grande instance d'Angoulême, la réponse est non. Et c’est ce qui a permis à cinq hommes, qui ont agressé sexuellement et à plusieurs reprises une jeune femme il y a un an, à Chalais, d’avoir été relaxés, relate le quotidien Sud-Ouest.

La jeune femme s’appelle Sophie, elle a 22 ans mais elle est dotée du QI d'un enfant de 6 ans… Sophie est une handicapée mentale. Qui a noué une relation «amoureuse» avec Stéphane, 37 ans. Le 25 mai 2013 au soir, le couple prend l’apéro chez «pépé», un septuagénaire non poursuivi dans l’affaire. Quatre autres hommes, âgés de 31 à 48 ans, sont présents. L’alcool coule à flot et à un moment, Stéphane demande à sa compagne de faire une fellation à chacun des hommes présents. La jeune femme refuse. Il insiste.

«Pas apte à refuser une relation sexuelle»

«"Elle s'est sentie légèrement un petit peu obligée", finira par lâcher Frédéric, 31 ans, ajoutant qu'il a du mal à se raser le matin (…)."C'était sa chose [Sophie par rapport à Stéphane, ndlr], elle le faisait pour lui prouver son amour", raconte un autre», relate encore Ouest-France, qui a suivi l’audience.

Les faits se reproduiront quelques semaines plus tard, le 19 juin. A nouveau, les cinq hommes se relayeront dans une chambre pour profiter des «faveurs» de Sophie. Une jeune femme «très affectée, d'une fragilité et d'une vulnérabilité notoire et pas apte à refuser une relation sexuelle», affirme l’expert psychiatrique. C’est d’ailleurs ce qui incite le procureur à requérir trois ans de prison ferme contre Stéphane, deux avec sursis pour trois de ses complices et six mois pour le dernier.

Mais ces réquisitions ne seront pas suivies. Car, de leur côté, les hommes affirment qu’ils n’avaient pas conscience de l’état mental de Sophie. Un argument retenu par le juge. D’après lui, la connaissance de cette condition par les cinq hommes n’est pas acquise et par conséquent, la «conscience de l'absence de consentement de la victime» ne peut donc être établie.