Conférence sociale: Des syndicalistes souhaitent son boycott

SOCIAL L’événement fait réagir aussi bien les syndicats de salariés que les organisations patronales

20 Minutes avec AFP
Le Premier ministre Manuel Valls, le 24 juin 2014 à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls, le 24 juin 2014 à Paris — Thomas Samson AFP

A la troisième conférence sociale du quinquennat début juillet autour de François Hollande, aucun syndicat ne devrait manquer à l'appel, mais les pressions en faveur d'un boycott ont été fortes à la CGT et à FO, tandis que côté patronal, la CGPME brandit la menace de la chaise vide et le Medef reste prudent.

La première conférence sociale en juillet 2012, dans la foulée de la victoire de la gauche, avait été très bien accueillie par les partenaires sociaux, la deuxième en juin 2013 a suscité moins d'enthousiasme. La troisième, les 7 et 8 juillet, s'annonce tendue sur fond d'opposition de la CGT et de FO au pacte de responsabilité, sujet phare de la rencontre.

«Cette conférence sociale va déboucher sur des attaques comme les deux précédentes: la première a donné naissance à la réforme du marché de l'emploi, la deuxième à la contre-réforme des retraites», souligne Gabriel Gaudy, numéro un de FO en Ile-de-France.

«Les résultats des deux précédentes n'étaient pas à la hauteur de nos engagements»

Cette nouvelle rencontre «est chargée d'appliquer des dispositifs souhaités par l'Union européenne au travers du pacte et de dégonflements des déficits», ajoute ce responsable qui se dit «opposé» à la participation de son syndicat: «N'allez pas cautionner le pacte dans le cadre de la conférence sociale».

Mais, le numéro un de FO Jean-Claude Mailly, qui avait brandi le chiffon rouge du boycott, a décidé de prendre part à la rencontre, mais refusera tout débat «estampillé» pacte de responsabilité. Il se félicite qu'une table ronde soit consacrée au service public. A la CGT, le sujet a été mardi au centre d'une réunion animée de la Commission exécutive (direction). «Quelques grosses fédérations, comme la métallurgie, l'énergie et des unions départementales, se sont opposées à la participation», a-t-on appris de source interne.

Mais, rétorque un cadre, «une solution de repli n'est pas bonne, on est en capacité d'obtenir des avancées concrètes, comme la mise en place d'un comité national d'évaluation de toutes les aides publiques» accordées aux entreprises, une revendication phare de la CGT. Le numéro un de la centrale Thierry Lepaon a lui tranché en faveur de la participation. «La CGT sera toujours présente là où les intérêts des salariés sont en jeu», a-t-il coutume de dire.

Mais il a déjà prévenu qu'il ne ferait pas de cette rencontre un événement majeur pour son syndicat. «Les résultats des deux précédentes n'étaient pas à la hauteur de nos engagements», a-t-il dit. Il s'agit d'ailleurs d'une «petite conférence», a-t-il lancé alors que le Premier ministre Manuel Valls l'a qualifiée de «très grande conférence sociale».

La CGPME dénonce une «armada anti-emploi»

En revanche pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger, favorable au pacte, «cette conférence revêt une importance cruciale». «La priorité est la mise en place effective et rapide du pacte de responsabilité», a-t-il écrit dans Syndicalisme hebdo, organe de son syndicat.

Au moment où les rencontres bilatérales entre partenaires sociaux et gouvernement se poursuivent pour préparer ce rendez-vous, les prochains décrets sur la mise en place du compte pénibilité, mesure phare de la loi sur la retraite, réclamée par les syndicats et financée par le patronat, ont mis le feu aux poudres côté patronal.

La CGPME s'est interrogée «sérieusement» sur l'intérêt de la participation du patronat à cette rencontre et a proposé aux deux autres organisations patronales, le Medef et l'UPA, de se rencontrer sur ce sujet. Son président Jean-François Roubaud, qui a d'autres griefs comme l'interdiction des contrats de travail de moins de 24 heures hebdomadaires, a écrit au président Hollande pour dénoncer une «armada anti-emploi».

Le Medef s'est contenté pour l'heure d'un tweet: «Y a-t-il un quelconque intérêt à participer à la conférence sociale? C'est une vraie question...».