Alan Stivell et Yann Quéffelec aux côtés de députés de tous bords pour plaider pour une «Bretagne à cinq»

SOCIETE Ces personnalités veulent revenir à une Bretagne «historique», alors que la Loire-Atlantique est séparée de la péninsule depuis un décret de 1941...  

Enora Ollivier

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Des députés et personnalités bretonnes plaident pour une «réunification» de la Loire-Atlantique et de la Bretagne. Le 25 juin 2014 à l'Assemblée nationale, à Paris.
Des députés et personnalités bretonnes plaident pour une «réunification» de la Loire-Atlantique et de la Bretagne. Le 25 juin 2014 à l'Assemblée nationale, à Paris. — E. Ollivier / 20 Minutes

La scène a un petit quelque chose d’insolite, dans cette salle terne à deux pas des velours de l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Aux côtés de députés familiers des lieux, se tiennent le chanteur et harpiste Alan Stivell, celui qui a rendu célèbre le traditionnel Tri Martolod, les romanciers Yann Queffélec et Irène Frain.

Tous sont là à l’appel de l’association «Bretagne réunie», pour plaider pour une cause commune, celle d’une Bretagne qui profiterait de la réforme territoriale pour voir revenir la Loire-Atlantique, séparée de la péninsule par un décret du gouvernement de Vichy, en 1941.

«Un crime de rayer de la carte la nation la plus ancienne d’Europe»

Le redécoupage ne retient pas pour l’instant cette solution, laissant la Bretagne à quatre départements, et la Loire-Atlantique en Pays-de-la-Loire. «C’est un crime de rayer de la carte la nation la plus ancienne d’Europe, d’en changer les limites millénaires, de voler le bien des Bretons», lance Alan Stivell, quand Yann Queffélec déplore la «logique jacobine au sommet de l’Etat, qui ne supporte pas les marques identitaires et tend à nous réduire à un folklore qui serait un peu vulgaire». «La région parisienne se sent en panne d’identité, et le dynamisme de l’identité bretonne peut déranger certains, qui chercheraient à la noyer», avance-t-il encore.

«Une réforme territoriale qui ne permettrait pas la réunification, c’est un comble», considère François de Rugy, co-président du groupe écolo à l’Assemblée et député de Loire-Atlantique, au vu de la «revendication ancienne» qui existe.

«La Bretagne à cinq, c’est un peu plus gros que l’Irlande et à peine plus petit que le Danemark», expose de son côté le député UMP des Côtes d’Armor Marc Le Fur, en déduisant que «ça veut dire que nous sommes dans la bonne taille, celle qui permet d’agir». L’élu assure que les députés UMP soutiendront tous cette «réunification».

Manifestation samedi

Les discussions lors du passage des projets de loi devant les parlementaires promettent d’être animées. «Bretagne réunie» et plusieurs élus plaident pour un «droit d’option» qui permettrait à des départements de sortir de leur région d’origine pour en rejoindre une autre, alors que l’exécutif a pour l’instant fait le choix de fusions de région déjà existantes. Et si un consensus multi-parti existe bien -des élus PS, EELV, UMP et UDI plaident pour le rappochement de la Loire-Atlantique et de la Bretagne – des collectivités ne sont pas vraiment d’accord. C’est le cas des villes de Rennes, Brest et Nantes, qui se sont prononcées pour une fusion des régions Bretagne et Pays de la Loire. Un choix «technocratique et non démocratique», blâme François de Rugy.

Les partisans de la «réunification» auront l’occasion de se compter samedi, lors d’une manifestation organisée à Nantes. Et les organisateurs comptent bien faire marcher encore plus de monde que lors du dernier défilé, qui avait rassemblé 10.000 personnes. C’était le 19 avril, bien avant que l’Elysée ne dévoile sa carte contestée, le 2 juin.