Le brevet des collèges a-t-il encore de la valeur?

ÉDUCATION Les élèves de troisième vont plancher dès ce jeudi sur les épreuves du diplôme national du brevet, un examen qui pourrait à terme être supprimé…

Anissa Boumediene

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Les élèves avant le début de l'épreuve.
Les élèves avant le début de l'épreuve. — R.BOUHET / AFP

Institution pour les uns, diplôme inutile pour les autres, le bon vieux brevet des collèges divise. Alors que les élèves de troisième passent ce jeudi les épreuves de français et de mathématiques, le diplôme national du brevet (DNB) pourrait vivre ses derniers instants. Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a posé la question du maintien du DNB dans sa forme actuelle. Créée par Vincent Peillon pour conseiller le ministère de l’Education nationale sur la refondation des programmes scolaires, cette instance vient de remettre un rapport sur la modification, voire la suppression du brevet.

Vers un contrôle continu à 100%

Dans sa forme actuelle, le DNB se compose d’une évaluation en contrôle continu, pour 60% de la note du diplôme, et d’un examen de fin d’année (40% de la note) qui comporte quatre épreuves: histoire de l’art à oral et trois épreuves écrites en français, mathématiques et histoire-géographie-éducation civique.

Ses détracteurs soutiennent l’idée d’un diplôme qui certifierait les connaissances acquises en fin de cycle, mais critiquent cette évaluation sous forme d’examen terminal. Le brevet, ils sont pour, à condition qu’il soit à 100% en contrôle continu. Une hérésie pour le Syndicat national des lycées et collèges, pour qui «ce diplôme doit s’appuyer sur des épreuves terminales, nationales, anonymes et notées».

Pour Florence Robine, directrice générale de l’Enseignement scolaire, il n’est pas question de supprimer le brevet, mais «de le faire évoluer», a-t-elle indiqué sur RTL. «Nous y sommes, et je crois que les familles également, assez attachés. Il fait partie du paysage des examens français.»

Le brevet coûte cher en temps et en argent

Principal argument des opposants au premier diplôme que passent les élèves: son coût. Jacques Grosperrin, ancien député (UMP) du Doubs, a signé en 2010 un rapport préconisant sa suppression, chiffrant le coût annuel du brevet à 6,5 millions d’euros à l’Etat.

Autre coût avancé: le temps. L’organisation du brevet impacte le calendrier de l’ensemble des collégiens en précipitant la fin de l’année scolaire. Entre la mise en place, la surveillance et la correction des épreuves, les établissements qui se transforment en centre d’examen sont mobilisés pendant près de trois semaines. Une activité chronophage qui mobilise les professeurs dès la semaine précédant le début des épreuves et ampute l’année scolaire de précieuses semaines de cours.

Le brevet ne détermine pas le passage en seconde

Traditionnellement programmé à la fin de l’année scolaire, le brevet se déroule chaque fin juin. Or, à ce moment-là, le conseil de classe du troisième trimestre, qui détermine l’orientation des élèves, a déjà eu lieu.

En clair: un élève peut passer en seconde sans avoir son brevet et un autre peut redoubler ou être orienté vers une filière technologique alors qu’il a décroché son diplôme.

L’obtention du brevet: obligatoire pour certains métiers

Les élèves boursiers les plus brillants peuvent se réjouïr à juste titre de l’obtention de leur diplôme: les titulaires d’une mention «bien» ou «très bien» peuvent sous conditions percevoir une bourse au mérite d’un montant de 800 euros.

Et s’il n’est pas déterminant pour faire son entrée au lycée, le DNB est un sésame indispensable pour intégrer la fonction publique. C’est le seul diplôme exigé à l’inscription aux concours de catégorie C. Point commun entre les agents des directions générales des Finances publiques, des Douanes et Droits indirects, ou encore de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes: tous sont a minima titulaires du brevet des collèges.