«C'est chouette d'avoir des poules à la maison»

ANIMAUX Eleveur de poules en Seine-et-Marne, Antonio Lopes Duarte voue une passion aux gallinacées et livre à 20 Minutes son expertise...

Anissa Boumediene

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Antonio Lopes Duarte, éleveur de poules amateur en Seine-et-Marne
Antonio Lopes Duarte, éleveur de poules amateur en Seine-et-Marne — A. Lopes-Duarte

Son amour des poules, Antonio Lopes Duarte le tient de ses grands-mères, qui avaient chacune une basse-cour bien remplie. Animé par le souvenir ému des chasses aux œufs de son enfance, il se lance et acquiert ses premières poules en 2003. Pour elles, il achète une maison dans le Berry avant de s’installer à Verdelet (Seine-et-Marne) en 2007. Bien installé à la campagne avec ses «filles», Antonio, fonctionnaire à la ville, possède aujourd’hui une centaine de poules.

Quelle place occupent les poules dans votre quotidien?

Une très grande place! C’est pour elles que je me suis installé à la campagne, pour qu’elles aient de l’espace. C’est une passion à plein-temps, qui m’occupe 365 jours par an.

Il y a quelques années, je suis passé par hasard devant un concours agricole, j’ai voulu m’arrêter cinq minutes, pour voir, et j’y ai passé la journée: la révélation! J’ai vite acheté mes premières poules et commencé à courir les championnats. J’ai passé huit concours ces derniers mois, c’est sportif! Mais j’adore m’occuper de mes poules, les regarder, les photographier, je ne m’en lasse pas.

En plus, c’est pratique d’avoir des poules chez soi, elles mangent tous les restes de cuisine. Et pour moi qui vis à la campagne et paie mes ordures ménagères au poids, je fais des économies considérables et c’est écolo!

Comment transmettez-vous votre amour des poules?

Je fais des ateliers pédagogiques dans des écoles. J’interviens dans des classes de dernière section de maternelle, de CP ou encore de CE1. J’apporte un poussin et ce qu’il faut pour en prendre soin, et les enfants s’en occupent au quotidien pendant un mois. C’est touchant de voir comme ils sont attentionnés et appliqués. Et lorsque je reviens pour le récupérer, il n’est pas rare qu’un enfant me demande s’il peut l’adopter et le rapporter à la maison. Je crée des passions et j’en suis ravi!

Parmi les poules que j’élève, je sélectionne celles qui feront de bonnes championnes et j’en vends quelques-unes à des gens qui ont envie d’avoir des poules à la maison. Je les invite à venir me voir, je leur fais visiter la ferme, la salle des naissances, je leur explique comment bien installer les poules. C’est important de répondre à toutes les questions. L’autre jour, j’ai répondu au mail de quelqu’un qui s’inquiétait de la santé d’une poule qu’il m’avait achetée il y a trois ans et qui ne sortait plus de son poulailler depuis quinze jours. Je lui ai expliqué qu’il ne devait pas s’inquiéter, qu’elle était simplement en train de couver.

Que dîtes-vous à ceux qui ne veulent pas manger d’œufs parce qu’ils ne veulent pas tuer de poussins?

C’est ce que ma petite-nièce m’a dit un jour, mais il n’y a pas de craintes à avoir. Pour qu’un œuf devienne un poussin, il faut que la poule ait été fécondée par le coq et qu’elle couve ses œufs pendant vingt et un jours. Or, les œufs que nous consommons n’ont pas été «cochés», c’est-à-dire que le coq n’a pas fait sa petite affaire avec la poule! Il n’y a donc aucun risque qu’un œuf pas coché devienne un jour un poussin.

C’est chouette d’avoir des poules à la maison, on a de bons œufs frais tous les jours. Et toutes les poules pondent, même les poules naines ou d’ornement, mais pas à la même fréquence. En moyenne, une poule pond deux cents œufs par an. C’est économique et très sain, on sait ce qu’ont mangé les poules et on évite les cochonneries industrielles.