VIDEOS. Eurosatory: Le salon de la guerre en quatre produits

DEFENSE Il attire environ 150 délégations officielles étrangères…

William Molinié

— 

Le salon de l'armement Eurosatory se tient jusqu'au 20 juin 2014 au parc des expositions de Villepinte.
Le salon de l'armement Eurosatory se tient jusqu'au 20 juin 2014 au parc des expositions de Villepinte. — William Molinié / 20 Minutes

Sur le stand d’un fabriquant d'armes belge, c’est une hôtesse qui prend la pose avec le dernier fusil longue portée. A quelques pas, un géant des airs expose un drône grandeur nature. Plus loin, à l’air libre, un constructeur américain a loué un espace pour y stationner un lanceur de missiles. Au salon de l’armement Eurosatory, les entreprises du monde entier rivalisent pour attirer les potentiels clients.

 

Ce rendez-vous, qui se présente comme le «plus grand» au niveau international, attire plus de 150 délégations officielles d’environ 80 pays différents jusqu’à ce vendredi au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Les enjeux géopolitiques sont importants. Exemple, les kalachnikovs russes se retrouvent à côté d’armes ukrainiennes. Mardi, des militants pro-palestiniens ont perturbé les stands israéliens en scandant: «Boycott Israël.» Mais au salon de la guerre, le business reprend toujours le dessus. 20 Minutes y est allé faire un tour. On a déniché dans les allées quelques produits bientôt commercialisés.

  • Le drone, bijou convoité des constructeurs

 

 

La guerre des drones tactiques fait rage. Les constructeurs se bousculent pour tenter d’arracher une partie du marché évalué entre 200 et 300 millions d’euros, la France ayant prévu d’acquérir d’ici 2019 une trentaine d’avions sans pilote pour la reconnaissance du champ de bataille. Entre Sagem, Thalès et désormais Airbus Defence and Space, tous les coups sont permis pour se démarquer. Ce troisième, via la voix de son directeur général, a rebattu les cartes mardi en présentant son dernier modèle, le Shadow. «Nous pensons [qu’il] est substantiellement moins cher que toutes les offres sur le marché. C’est une offre extrêmement attractive en ces temps de disette budgétaire», a déclaré Jean-Marc Nasr. De quoi installer le doute chez les acheteurs français.

Il n’y a pas que les drones tactiques. L’intérêt se porte aussi sur ceux qui remplissent une mission civile de surveillance. «Nos produits peuvent avoir un intérêt pour l’environnement. On peut surveiller des côtes en train de s’affaisser, certaines pollutions, voire pour des infrastructures, vérifier des fissures», explique à 20 Minutes Caroline Herbert, directrice du Marketing chez Aero Surveillance.

  • Sherpa, un nouveau véhicule d’assaut pour le GIGN

 

 

Il peut déployer dix hommes en situation hostile et dispose d’un poste de commandement blindé mobile. Le Sherpa, le nouveau véhicule d’assaut du GIGN équipe désormais l’unité d’élite de la gendarmerie. D’une capacité de 10m3, le véhicule a été développé par Renault. Sa rampe d’assaut permet d’accéder aux nacelles des avions. Ce qui n’est pas sans rappeler l’opération anti-terroriste à l’aéroport de Marignane en décembre 1994. Ou permet aussi d’aller sauver des personnes coincées dans un bâtiment en hauteur.

Ce mastodonte roule jusqu’à 110 km/h, malgré un niveau de blindage élaboré. Des caméras équipent le véhicule qui peut lui-même être aéroporté. A terme, un deuxième engin pourrait rejoindre le garage du GIGN.

  • Une cellule embarquée dans les patrouilleurs de la police

 

 

En cellule dès l’interpellation. Le dernier véhicule de la police nationale, appelé communément «patrouilleur», peut être doté de cellules embarquées et autonomes. Deux fourgons vont en être équipés et mis à disposition des forces de l’ordre dans l’Essonne et en Seine-Saint-Denis. Objectif? «Se protéger d’individus particulièrement agressifs lors du transport jusqu’au commissariat. Mais aussi les protéger eux-mêmes de leur environnement», explique à 20 Minutes un policier.

En clair, la place arrière est entourée de plexiglas et entièrement construite en plastic. Au sol, une trappe d’accès rapide à la vidange pour les accidents gastriques ou de vessie. L’interpellé dispose d’un système d’aération et est surveillé par une caméra, reliée à un écran qui se trouve sous le pare-soleil du policier passager. «Nous sommes en sécurité. Mais l’individu aussi. Il ne peut pas se faire mal», nous assure un policier.

  • Une boulangerie mobile pour les campagnes militaires

 

 

Des militaires, ça mange beaucoup. Et l’intendance fait partie intégrante des problématiques que se posent les armées. Si bien que la société française Technic Export a mis au point un système de boulangerie transportable pour nourrir toutes les bouches affamées du front. Le dispositif est déjà opérationnel au sein des armées marocaine, libyenne, du Burkina Faso ou encore du Sénégal.

Plusieurs modèles sont proposés à la vente. Le plus petit permet de nourrir 250 hommes chaque jour. La plus grande, jusqu’à 10.000 personnes, avec une fabrication de 30.000 pains quotidiens. Coût du modèle d’entrée de gamme: 85.000 euros. «Notre but est d’apporter de la subsistance et de l’indépendance sur le terrain. C’est une base militaire primordiale», justifie Catherine Delmas, de Technic Export.