Convention chômage: «L'avenir du paritarisme est en jeu», selon Gattaz

CHOMAGE Alors que les intermittents critiquent fortement cet accord qui durcit leur régime d'indemnisation...

20 Minutes avec AFP
Pierre Gattaz, le président du Medef, le 15 avril 2014 à Paris
Pierre Gattaz, le président du Medef, le 15 avril 2014 à Paris — Eric Piermont AFP

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a estimé mardi que «l'avenir du paritarisme» serait «en jeu» si le gouvernement n'agréait pas la convention d'assurance chômage négociée par les partenaires sociaux, qui est fortement contestée par les intermittents du spectacle.

«C'est l'avenir du paritarisme, du dialogue social»

«Il n'y a pas d'option. Il faut impérativement que le gouvernement agrée cet accord, parce que c'est l'avenir du paritarisme, du dialogue social, des négociations sociales qui est en jeu», a déclaré Pierre Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle. «Pacte de responsabilité, négociations, discussions risquent de voler en éclat si on ne retranscrit pas dans la loi cet accord», a-t-il insisté. «En plus, on a intégré dans cet accord la possibilité de faire des réunions tripartites pour justement revoir le problème des intermittents, des catégories d'intermittents et du statut. Tout est fait pour que nous puissions travailler calmement ensemble dans le cadre de cet accord», a-t-il ajouté.

Le régime des intermittents «est responsable de 25% de ce déficit annuel»

Le patron des patrons a par ailleurs rappelé la situation financière de l'Unédic, l'organisme paritaire qui gère l'assurance chômage et qui «perd 4 milliards d'euros par an», estimant que le régime des intermittents «est responsable de 25% de ce déficit annuel». «Nous avons réussi à trouver un système qui permet d'améliorer la gestion de ce régime», s'est-il félicité.

Les intermittents du spectacle sont vent debout contre la convention d'assurance chômage et menacent la saison des festivals d'été. Le texte durcit leur régime d'indemnisation, notamment en introduisant de nouvelles règles de calcul du «différé», période pendant laquelle ils doivent attendre pour toucher leurs allocations.

L'accord doit entrer en application le 1er juillet

Le gouvernement a répété à de nombreuses reprises qu'il agréerait la convention, mais la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a estimé lundi que «les conditions de dialogue social n'ont pas été satisfaisantes» lors de l'élaboration de la convention et que ce sont «les partenaires sociaux qui peuvent modifier certains paramètres pour trouver la voie de l'apaisement». «Je ne suis absolument pas d'accord avec ce que dit Mme la ministre, a répondu mardi Pierre Gattaz. Ces négociations se sont passées tout à fait bien, positivement, nous avons trouvé un accord, je ne vois pas ce que nous pouvons modifier».

La convention a été approuvée par le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC). Elle doit être agréée par le ministère du Travail avant la fin du mois pour une entrée en application le 1er juillet.