Intermittents: «La grande majorité du temps de travail n’est pas compté dans nos heures»

CULTURE Lundi après-midi, les intermittents du spectacle se mobilisaient devant le ministère de la culture, portrait de trois manifestants...

Raphaël Couderc
— 
Manifestation des intermittents du spectacle le 16 juin 2014 devant le ministère de la culture
Manifestation des intermittents du spectacle le 16 juin 2014 devant le ministère de la culture — R.COUDERC/20 MINUTES

A l'occasion de la manifestation des intermittents près du ministère de la Culture, portrait de trois intermittents souhaitant l’annulation de la réforme.

Blandine Minot, 43 ans. Danseuse contemporaine, 1500 euros par mois

«Dans un contexte ou il y a de moins en moins d’argent pour la culture, cette réforme rogne encore un peu plus sur les acquis du statut d’intermittent.» 

Pour Blandine Minot, danseuse contemporaine de 43 ans, les intermittents sont aujourd’hui dans une situation difficile. Alors que les productions ont aujourd’hui de plus en plus de mal à se monter, il faudrait au contraire aider les intermittents plutôt que durcir le régime.

Amélie Souteyrand, 35 ans. Assistante réalisateur, 2000 euros par mois

«Moi je ne connais personne qui gagne 0 centimes pendant deux mois, ça n’existe pas.» Pour cette cinéaste qui a vécu les grèves de 2003 et le changement de statut, l’augmentation du délai de carence est tout simplement révoltante. Le délai entre le moment de réouverture des droits au chômage et le versement effectif des allocations augmente en effet avec cette réforme. Tous les intermittents seront concernés par ce décalage qui est une mesure d’économie selon la ministre de la Culture Aurélie Filippetti.

Pierre Baux, 51 ans, acteur et metteur en scène, 2500 euros par mois

«Il faut surtout communiquer sur ce qu’est l’intermittence ». Pierre Baux, acteur de théâtre depuis plus de 20 ans pense lui qu’il y a une incompréhension de l’ensemble du monde du travail sur ce statut spécial d’intermittent. Il s’explique: «L’intermittent doit travailler 507 heures par an pour recevoir les allocations; cela peut paraitre peu pour un ouvrier ou un cadre mais il faut bien comprendre que la grande majorité du temps de travail n’est pas compté dans ces heures». Un acteur est par exemple payé avec un cachet de représentation. Mais le travail de l’acteur est en lui-même beaucoup plus vaste, entre les heures de répétition et le travail du texte. Même chose pour les metteurs en scène ou les scénaristes qui doivent pourtant eux aussi réunir leur quota d’heure…

Lui aussi insiste sur le travail fait par les associations de représentation des intermittents et par la commission de suivi. Selon lui, le gouvernement doit rouvrir le dialogue et écouter ces commissions qui proposent des solutions alternatives». Ces commissions font un travail remarquable, elles connaissent les métiers du spectacle et leurs solutions ameneraient plus d'économies à l'Etat que celles du Medef.