Débarquement: «Je me suis dit "je vais défendre la France", et je l’ai fait»

DEBARQUEMENT Environ 1.800 anciens combattants sont présent sur les lieux du Débarquement, 70 ans après…

Enora Ollivier

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René Rossey, vétéran français de 88 ans, présent pendant la cérémonie de commémoration du Débarquement le 6 juin 2014.
René Rossey, vétéran français de 88 ans, présent pendant la cérémonie de commémoration du Débarquement le 6 juin 2014. — Enora Ollivier / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale en Normandie

Près de 2.000 vétérans participent aux cérémonies de commémoration du Débarquement. 20 Minutes a recueilli le témoignage de trois d’entre eux.

René Rossey, Français, 88 ans

René Rossey a découvert la France en débarquant le 6 juin 1944 à Sword Beach. Ce Tunisois avait alors 17 ans et demi et faisait partie du Commando Kieffer, ces 177 Français qui ont participé au Débarquement. Benjamin du groupe, il a «fait toute la bataille de Normandie, puis celle de Hollande» - «j’ai eu la baraka», commente-t-il avec modestie. Engagé à 16 ans, il a abandonné la carrière militaire à 19. «Je voulais rentrer chez moi», dit-il, «les galons, ça ne m’intéressait pas». «Pendant mon adolescence, je me suis dit "tiens, je vais défendre la France", et je l’ai fait. C’est tout, c’est aussi simple que ça».

Herbert Beddows, britannique, (bientôt) 92 ans

 

Herbert Beddows avait presque 22 ans quand il a débarqué, le 6 juin 1944 sur Sword Beach. «Les Allemands n’étaient pas contents de nous voir arriver», glisse-t-il, esquissant un sourire. «C’était il y a très longtemps, maintenant», continue le nonégénaire qui garde des souvenirs tenaces, notamment de ses amis tués. Il a été fait prisonnier par les Allemands et conduit à la Kommandantur de Paris, place de l’Opéra. «Ce n’était pas très plaisant», raconte-t-il tout en euphémisme, décrivant surtout «la faim» qui l’a tenaillé pendant des mois parce que «je ne mangeais pas tous les jours». Capturé avec deux autres soldats, il est le seul à avoir survécu. Herbert Beddows est retourné pour la première fois en Normandie en 1982. Depuis, il y revient souvent, pour «voir d’autres vétérans» et parce qu’il «trouve l’hospitalité française fantastique».

Charles Foster, Britannique, 91 ans

Charles Foster a débarqué sur la plage de Juno en juin 1944. Il avait alors 21 ans. Il a été blessé le 31 juillet 1944 lors de la libération de Saint-Martin-des-Besaces, dans le Calvados, au cours de l’opération Bluecoat. C’est la 5e fois depuis la fin de la guerre que Charles Foster revient en Normandie. Il arbore d’ailleurs fièrement des médailles du 50e et du 60e anniversaire du Débarquement sur le revers de sa veste. Quand on lui demande pourquoi il a tenu à être à nouveau là cette année, le vieil homme sourit: «parce que c’est la dernière fois que je peux le faire».