Trois ans dont deux avec sursis et cinq ans d'inéligibilité requis contre la députée Andrieux

JUSTICE Elle avait été condamnée en première instance en mai 2013, pour le détournement de 2005 à 2008 de subventions du conseil régional PACA...

B. de V.

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Sylvie Andrieux et son avocat Gaëtan Di Marino à leur arrivée le 2 juin 2014 au palais de justice d'Aix-en-Provence
Sylvie Andrieux et son avocat Gaëtan Di Marino à leur arrivée le 2 juin 2014 au palais de justice d'Aix-en-Provence — Boris Horvat AFP

Une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, assortie de cinq ans d'inéligibilité et de 100.000 euros d'amende a été requise vendredi en appel contre l'ex-députée socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux.

L'avocat général près la cour d'appel d'Aix-en-Provence Jules Pinelli a requis la même peine que celle à laquelle elle avait été condamnée en première instance en mai 2013, pour le détournement de 2005 à 2008 de subventions du conseil régional PACA au profit d'associations fictives.

«La culpabilité de Mme Andrieux est parfaitement établie, a estimé Pinelli, lançant à la prévenue: «ce dossier est celui d'un système dont Mme Andrieux détenait les clés. Vous les avez remises à des envahisseurs qui sont entrés dans le temple et l'ont pillé».

«Lorsqu'on voit les chiffres, on est effaré», a poursuivi l'avocat général, qui a regretté que la députée des quartiers Nord de Marseille, qui s'était mise «en congé» du PS après sa condamnation pour siéger chez les non-inscrits au Palais-Bourbon, ne reconnaisse pas les faits: "vous vous mentez à vous-même en ne reconnaissant pas ce qu'il faudrait reconnaître. Cela aurait donné un caractère plus humain à ce dossier».

Fille d'un baron du defferrisme, Sylvie Andrieux, 52 ans, est entrée en politique au début des années 90, s'implantant dans les quartiers Nord comme élue locale, puis régionale et enfin députée.

Réélue de justesse à l'Assemblée nationale en 2012, sans l'investiture du PS, elle a ensuite abandonné, en pleine tourmente judiciaire, son mandat à la Région, restant en retrait de la campagne municipale de 2014 et assistant à la défaite de son dauphin dans son secteur, le 7e, le plus peuplé de la ville, passé au FN.