Débarquement: Trois histoires de famille entre les Vétérans américains et les habitants de Sainte-Mère-Eglise

COMMEMORATION Soixante-dix ans après les liens sont toujours aussi forts...

20minutes avec AFP
Un cimetière américain en Normandie.
Un cimetière américain en Normandie. — SETBOUN PHOTOS/SIPA

Soixante-dix ans après le parachutage de plus de 13.300 Américains au dessus et autour de Sainte-Mère-Eglise, et le Débarquement des alliés sur la côte, les habitants de ce village normand gardent des liens étroits avec leurs libérateurs américains, qu'ils accueillent encore chez eux pour les commémorations.

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«Personne ici n'a oublié les 14.000 croix blanches» des cimetières américains provisoires et le chagrin des familles qui venaient s'y recueillir jusqu'en 1948, date à laquelle les corps ont été transférés, a ajouté l'élu au cours d'une de ces nombreuses cérémonies qui ont animé le village pavoisé, bondé jeudi de touristes mais aussi de Normands.

«Cela a créé un lien très charnel avec les Américains», se souvient Yvette Renaud qui va bientôt avoir 80 ans.

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«Nos enfants ont gardé le contact»

«Je trouve que c'est un dû. C'est pas grand chose, un petit geste», explique Maryvonne, 77 ans, qui accueille chez elle pendant quatre jours Joseph Morettini et six membres de sa famille.

«Mon fils et ma belle-fille font le taxi, les emmènent au cimetière américain de Colleville. Moi, je fais la popote», poursuit cette retraitée installée à Picauville et qui avait déjà reçu Joseph Morettini pour le 50e anniversaire du Débarquement.

Entre temps, «nos enfants ont gardé contact», explique la Normande.

Et pour les Américains, « c'est un honneur, un privilège d'être si bien reçus », dit spontanément Sharon Morettini, la belle-fille du vétéran.

«Ici, je me sens chez moi»

Alain Ashley, 65 ans, héberge, lui, Curtis Isaac Philipps, qui a débarqué à Utah beach en juin 1944, «tous les ans depuis 10 ans», à Orglandes. «Il fait partie de la famille». «Sans ces gens-là, on ne serait pas libres», souligne Alain Ashley.

«C'est mon chauffeur», dit en rigolant Isaac Philipps. «Ici je me sens chez moi», ajoute l'ancien combattant.

«Ils venaient pour le mariage de ma fille»

Yvette Renaud accueille deux vétérans. Avec son mari, Henri-Jean, elle a reçu chez elle au moins une vingtaine de vétérans ces dernières décennies.

«Certains (décédés depuis) étaient devenus des amis. Ils venaient à n'importe quelle époque de l'année, pour un anniversaire, le mariage de ma fille par exemple. Et nous allions les voir aux Etats-Unis, en Floride», explique Yvette Renaud dont le mari est le fils de celui qui était maire de Sainte-Mère-Eglise en 1944.

Tous ces «couples franco-américains» étaient jeudi soir à l'inauguration d'une nouvelle salle du musée Airborne sur l'histoire des parachutistes américains. Une structure qui espère «contribuer à consolider le lien du sang versé par les Américains sur le sol normand», selon les termes du président du musée et conseiller départemental Marc Lefèvre.

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