Comment bien choisir une maison de retraite pour un proche

SOCIAL La proximité géographique, la qualité des prestations, la transparence des tarifs sont des critères importants…  

Delphine Bancaud

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EHPAD (Etablissement d'hébergement pour personnes âgees dépendantes) à Lens
EHPAD (Etablissement d'hébergement pour personnes âgees dépendantes) à Lens — PHILIPPE HUGUEN / AFP

A l’occasion de la journée de solidarité fixée à l’origine le lundi de Pentecôte, et qui permet de financer l’autonomie des personnes âgées, 300 maisons de retraite (La liste est disponible par ici ou sur le site capretraite.fr) organisent des opérations portes ouvertes pour renseigner les familles. L’occasion pour 20 minutes de faire le point sur les bons réflexes pour choisir le meilleur établissement pour ses aînés.

Sélectionner les établissements adaptés au profil de la personne

Il existe plusieurs types d’établissements pour personnes âgées: le foyer-logement réservés aux personnes valides et autonomes, tout comme les résidences avec services (animations, ménage, repas livrés) et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). «Il faut évaluer avec un médecin si l’état de santé de la personne risque de se dégrader dans les 3 à 6 mois afin d’opter pour le bon type de structure, recommande Gabriel Sultan, directeur opérationnel chez Cap retraite (service gratuit de conseil en maison de retraite), et vérifier que la maison propose un projet de soins et de vie individualisé pour répondre aux problématiques de la personne âgée».

Ne pas se précipiter sur la première maison de retraite visitée

«L’idéal est de commencer ses recherches 3 à 6 mois à l’avance, pour avoir le choix, car dans plusieurs régions, les places sont rares», conseille Gabriel Sultan. Même si le critère de proximité entre le domicile de la famille et l’établissement est important, «cela peut valoir la peine d’élargir la zone géographique pour bénéficier de meilleures prestations», poursuit Marie Taillard, de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

Vérifier la qualité des prestations

«Le descriptif contenu sur les brochures publicitaires doit être conforme à la réalité», souligne Marie Taillard. «Il faut surtout contrôler l’encadrement soignant: combien d’infirmières et d’aides soignantes sont présentes le jour et la nuit? Existe-il un médecin coordonnateur? Existe-t-il une hotline avec un hôpital du secteur? L’équipe est-elle formée aux soins palliatifs?», insiste Elodie Hemery, adjointe en charge du secteur social à la Fédération hospitalière de France. Concernant l’hébergement, il est nécessaire d’évaluer le confort de la chambre, les animations et les sorties prévues, la qualité de la restauration, la présence de lieux collectifs…

Se repérer dans la jungle des tarifs

«Pour une place en foyer-logement, il faut compter entre 500 et 1.000 euros par mois, pour une place en résidence-services ou en Ehpad entre 2.000 et 4.000 euros. Ces coûts peuvent être minorés par des aides: allocation personnalisée d’autonomie, aides au logement, aide sociale à l’hébergement et déductions fiscales. D’où l’intérêt de se renseigner en amont avant de faire son choix», explique Gabriel Sultan. «Il faut aussi impérativement faire jouer la concurrence, en comparant les prestations et les tarifs proposés. Il faut également vérifier que toutes les prestations (lavage du linge, animations…) sont comprises dans le tarif», insiste Marie Taillard.

Visiter la maison de retraite

«C’est indispensable pour évaluer la courtoisie du personnel, le bien être des résidents, sentir l’ambiance, observer le cadre de vie… L’idéal est aussi de contacter le Conseil de la vie sociale de la maison, organe consultatif où siègent des résidents ou leur famille. Cela permet de recueillir la parole des usagers», recommande Elodie Hemery.

Bien lire le contrat

«Enfin, il faut décortiquer toutes les clauses pour vérifier qu’aucune n’est abusive. La loi Hamon interdit par exemple aux établissements d’encaisser le loyer si le résident est décédé au début du mois. Ou d’imposer des frais de remise en état de la chambre alors que les familles n’ont jamais signé d’état des lieux d’entrée», précise Marie Taillard.