Evasion de Saint-Denis: Qui est Ouaihid Ben Faïza, le caïd de La Courneuve qui s’est fait la belle?

PORTRAIT Agé de 40 ans, cet homme avait été condamné à huit ans de prison pour «trafic de drogue» et «association de malfaiteurs»…

Vincent Vantighem

— 

La cité des 4.000 à la Courneuve le 20 mars 2014
La cité des 4.000 à la Courneuve le 20 mars 2014 — Valentin Bontemps AFP

Dans le petit milieu de la police, c’est un nom bien connu. Tout comme les Houmani, les Ben Faïza sont célèbres pour gérer une partie du trafic de drogue de la cité des 4.000 de La Courneuve. Celle-là même que Nicolas Sarkozy promettait de «nettoyer au kärcher» en 2005, alors qu’il était ministre de l’Intérieur.

>> Les Faits: Evasion spectaculaire à Saint-Denis

C’est justement pour «trafic de drogue» et «association de malfaiteurs» que Ouaihid Ben Faïza est «tombé» en 2012. Récidiviste, il est alors condamné à huit ans de prison pour avoir pris part à un vaste trafic de cannabis entre les Pays-Bas et le Maroc.

Un deal pour réparer un «accident»

Présenté comme un «parrain» local du 9-3, Ouaihid Ben Faïza est surtout un caïd dont le patronyme est célèbre. La légende raconte ainsi que la famille Ben Faïza a été «obligée» de céder une partie du trafic de drogues à une autre famille rivale, les Houmani, après un «accident».

>> Eclairage: Qui sont les Houmani?

Pour cela, il faut remonter à juin 2003. A l’époque, Kamel Houmani prend une balle perdue dans le bas du dos. Celle-ci a été tirée par un des fils Ben Faïza au cours d’un «coup de pression». Plutôt que de transformer la cité Balzac de La Courneuve en champ de bataille, les deux familles passent un deal.

Vidéo: Quand Sarkozy promettait de «nettoyer au kärcher» les 4.000

Les Ben Faïza accordent aux Houmani un droit d’exploitation de plusieurs halls d’immeuble pour vendre de la drogue pour indemniser le handicap de Kamel Houmani, désormais cloué sur un fauteuil roulant.

Ses frères ont été condamnés

Dans la famille Ben Faïza, Ouaihid n’est pas le seul à se faire remarquer. Sofiane, son frère, 24 ans, a ainsi été condamné pour des faits similaires à six ans de prison et 50.000 euros d’amende.

>> Interview: Dédé la cavale raconte son expérience

Surtout, Ouaihid n’est pas le premier à goûter aux «joies de la cavale». Il y a un an environ, son autre frère Mohamed avait été repris, dans le 16e arrondissement de Paris, après une cavale de quatre mois. Ouaihid, lui, est toujours activement recherché par la police.