Les associations sceptiques face à la proposition sur les bandes d'arrêt d’urgence

20 Minutes avec AFP

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Le périphérique parisien.
Le périphérique parisien. — JPDN/SIPA

La proposition du secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier de permettre aux transports en commun et taxis d'emprunter les bandes d'arrêt d'urgence en cas de bouchons a été accueillie mercredi avec scepticisme par des associations.

«Il faut absolument (...) que les bandes d'arrêt d'urgence nous permettent d'optimiser les temps de parcours dédié pour des transports par bus, par car, taxis éventuellement» ou en covoiturage, a déclaré mardi Frédéric Cuvillier, parlant notamment, mais pas uniquement, des accès aux aéroports.

«Je lance le débat sur les bandes d'arrêt d'urgence, parce qu'elles sont mal utilisées», a-t-il ajouté.

Test en région parisienne depuis 2005

«On n'a pas besoin de mesurette mais d'investissement», s'est agacé le directeur de l'association 40 Millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, joint mercredi par l'AFP. «La bande d'arrêt d'urgence n'est pas faite pour être pleine de véhicules mais pour être vide», a-t-il ajouté. Selon lui, il faut avant tout «plus de routes» pour faire face à «plus de voitures, plus de personnes qui circulent».

«Cette bande est indispensable pour la sécurité et l'accès des secours», a estimé pour sa part Christophe Ramond de l'association Prévention routière. «Ouvrir une voie, de fait plus rapide, ça peut aussi pousser les conducteurs à faire des excès de vitesse et donc augmenter les accidents», redoute l'association qui rappelle que le gouvernement s'est fixé l'objectif de faire passer le nombre de morts sur la route à moins de 2.000 d'ici 2020 contre 3.268 en 2013.

Besoin d’«évaluer les bénéfices»

«Il faudra encadrer ce dispositif, aménager les voies, assurer un suivi et évaluer les bénéfices», suggère la Prévention routière qui concède que dans certaines villes où le dispositif existe, il a permis de diminuer les bouchons et réduire les temps de trajet en transports en commun.

L'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence pour décongestionner la circulation est testée depuis 2005 en région parisienne, sur l'embranchement entre l'A86 et l'A4. A Grenoble, une voie a été aménagée pour les bus et les cars sur huit kilomètres, pour assurer un temps minimum de trajet en transports en commun.