Une image rendue publique le 1er juin 2014 de Mehdi Nemmouche, soupçonné d'être l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles
Une image rendue publique le 1er juin 2014 de Mehdi Nemmouche, soupçonné d'être l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles — AFP

JUSTICE

Tuerie du musée juif de Bruxelles: Nemmouche a refusé d'être remis à la Belgique

Il veut être jugé en France...

Mehdi Nemmouche, soupçonné d’être le tireur du Musée juif de Bruxelles, veut être jugé en France. «Nous souhaitons qu'il soit jugé en France d'abord parce qu'il est français, et qu'il est en France», a déclaré à la presse son avocat Apolin Pepiezep

Il a refusé d'être remis à la Belgique, selon une source judiciaire. Il est arrivé ce mercredi vers 14h20 à la cour d'appel de Versailles pour se faire notifier le mandat d’arrêt européen délivré à son encontre par la Belgique, sa garde à vue étant terminée, a annoncé son avocat.

Le délai de transfert rallongé

Des forces de sécurité, dont les policiers d'élite du Raid, avaient pris position. Un magistrat du parquet général lui a notifié le mandat d'arrêt belge. La durée de la procédure qui conduira à sa remise aux autorités belges devrait donc, avec ce refus, être rallongé de quelques semaines.

Lundi, Me Apolin Pepiezep avait expliqué que son client accepterait l’exécution du mandat d’arrêt européen.

Garde à vue prolongée de 24h

S’il n’a pas été à proprement parler mutique depuis son arrestation vendredi à Marseille, Nemmouche, un Français originaire de Tourcoing (Nord), a refusé de répondre en garde à vue sur les faits qui lui sont reprochés, selon des sources proches du dossier.

Il est soupçonné d’avoir ouvert le feu le 24 mai au Musée juif de Bruxelles, tuant trois personnes et laissant une quatrième victime dans un état désespéré. Il avait été intercepté le 30 mai par les douaniers à la gare routière de Marseille-Saint-Charles dans un bus en provenance d’Amsterdam via Bruxelles.

Sa garde à vue a été prolongée mardi au-delà des quatre jours habituels en matière de terrorisme, une mesure très rare qui peut être prise en cas de risque d’attentat imminent ou de nécessité liée à la coopération judiciaire internationale. Selon une source proche du dossier, c’est cette seconde justification qui a surtout prévalu.

Nemmouche va désormais quitter le siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour être conduit à la cour d’appel de Versailles où un magistrat du parquet général va lui notifier le mandat d’arrêt européen délivré par la justice belge.

Sa remise aux Belges interviendrait dans quelques jours

Un autre magistrat de la cour d’appel va ensuite statuer sur son placement en détention qui ne fait aucun doute.

Une audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles se tiendra d’ici quelques jours pour examiner la demande belge. Selon si Nemmouche la conteste ou non, sa probable remise aux Belges interviendrait dans quelques jours ou quelques semaines.

Les enquêteurs belges vont également se voir transmettre les éléments matériels saisis par leurs homologues français, notamment les armes et la caméra retrouvées dans les bagages de Nemmouche, avait expliqué une source française proche de l’enquête.

En France, l’enquête va également se poursuivre, notamment dans le réseau relationnel de Nemmouche, en particulier ses liens tissés lors de son ultime détention. C’est en effet en prison qu’il semble s’être radicalisé.