Affaire Nemmouche: Cinquième jour de garde à vue avant son extradition en Belgique

FAITS DIVERS Le suspect est resté muet tout le temps passé dans les bureaux de l'antiterrorisme...

20 Minutes avec AFP

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Une image rendue publique le 1er juin 2014 de Mehdi Nemmouche, soupçonné d'être l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles
Une image rendue publique le 1er juin 2014 de Mehdi Nemmouche, soupçonné d'être l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles — AFP

Le Français Medhi Nemmouche, resté pour l'instant mutique sur la tuerie du Musée juif de Bruxelles, devrait se voir notifier mercredi son mandat d'arrêt européen, première étape vers sa remise à la Belgique.

Il est suspecté d'avoir tué le 24 mai trois personnes, un couple d'Israéliens et une retraitée française, et d'avoir laissé une quatrième victime, un jeune employé belge, dans un état désespéré qui est décédé des suites de ses blessures.

Mardi, sa garde à vue a été exceptionnellement prolongée au-delà des 96 heures normalement prévues en matière antiterroriste. Cette mesure, prise par un magistrat à la demande du parquet de Paris, ne peut être ordonnée que dans deux cas: un risque imminent d'attentat ou les nécessités de la coopération internationale. Mardi soir, aucune explication sur cette prolongation n'a pu être obtenue.

Kalachnikov

Medhi Nemmouche comptait-il frapper encore ? «C'est impossible de répondre à cette question» à ce stade, avait répondu le procureur de Paris François Molins, lors d'un point-presse dimanche. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a de son côté jugé «probable qu'il aurait continué à agir».

Le suspect avait été arrêté vendredi à la gare routière de Marseille Saint-Charles, dans un autocar en provenance d'Amsterdam via Bruxelles. Dans ses bagages ont été retrouvés un revolver, une Kalachnikov, une caméra portative de type GoPro et de nombreuses munitions.

Théoriquement, la garde à vue peut encore être prolongée une dernière fois mercredi pour 24 heures. Mais selon une source judiciaire, le tireur présumé devrait être conduit dès mercredi devant un magistrat du parquet général de Versailles pour se voir notifier le mandat d'arrêt européen dont il est l'objet.

L'enquête se développe en Belgique

Selon toute vraisemblance, il sera ensuite placé en détention, sous écrou extraditionnel, le temps de la procédure dont la durée dépendra notamment de l'accord de Nemmouche pour être remis à la Belgique. Un accord qu'il prévoyait jusqu'à lundi soir de donner, selon son avocat.

C'est surtout en Belgique que l'enquête va se développer. Même si les enquêteurs n'ont guère de doute, les expertises balistiques devront dire scientifiquement si les armes retrouvées sur Nemmouche à Marseille sont celles utilisées à Bruxelles.

Les Belges vont également se pencher sur le réseau relationnel de Nemmouche dans ce pays, place forte des candidats au djihad en Syrie. Dimanche, les enquêteurs belges ont mené des perquisitions à Courtrai, à deux pas de la frontière française.