Plan anti-djihad: 126 signalements «utiles» depuis fin avril

DJIHAD Parmi eux, 20 correspondent à des départs «avérés» pour le djihad...

A.D. avec AFP

— 

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le 8 mai 2014 à Bruxelles
Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le 8 mai 2014 à Bruxelles — Georges Gobet AFP

Cent vingt-six signalements «utiles» de candidats au djihad, en Syrie notamment, ont été répertoriés depuis la mise en place fin avril du plan gouvernemental, dont vingt sont des «départs avérés», a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Bernard Cazeneuve a présenté mardi matin en conseil des ministres une «communication» relative à ce plan qui vise à lutter contre la «radicalisation violente et les filières terroristes», selon le compte-rendu officiel de celle-ci. Le plan anti-djihad avait été présenté en conseil des ministres le 23 avril dernier.

Vingt départs avérés

Le 29 avril, a rappelé le ministre, un numéro vert avait été mis en place à destination des proches de jeunes radicalisés afin de signaler ces possibles départs et obtenir aide ou conseil. Il a permis, a dit Bernard Cazeneuve, de traiter 126 «signalements utiles dont 32 concernaient des mineurs, 48 des femmes et 20 des départs avérés». «Pour la seule journée» de lundi, il y a eu «cinq nouveaux signalements (...) enregistrés», toujours selon le compte rendu de cette communication.

Le ministre a réaffirmé d'autre part qu'un programme de formation avait été mis en place «pour les personnes intervenant dans ce cadre» -les fonctionnaires des préfectures- et «300 agents pourront être formés d'ici juillet».

Mesures dans le cadre pénitentiaire

Dans cette communication faite quelques jours après l'arrestation du tireur présumé du Musée juif de Bruxelles, le Français Mehdi Nemmouche, Bernard Cazeneuve a encore précisé que son ministère et celui de la Justice «finalisent une série de mesures» afin de «renforcer l'action des services de renseignement pénitentiaire, de sécuriser le recrutement et la formation des aumôniers» et de «prendre en charge les individus radicalisés au terme de leur détention».

Le ministre entend également, a-t-il rappelé en conseil, «compléter notre législation sur plusieurs points dont le Parlement sera saisi à l'été». Cela se traduira par exemple par «l'interdiction des départs de ressortissants français majeurs liés à des activités terroristes».

Est examinée enfin «l'introduction d'une nouvelle incrimination relative à la préparation d'actes de terrorisme par un individu isolé», dont est suspecté Mehdi Nemmouche, «complémentaire à l'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», la qualification la plus courante et la plus utilisée s'agissant des procédures engagées dans ce cadre.