«La prépa, c’est un accélérateur de maturité»

EDUCATION Des étudiants passés par la case prépa témoignent de leurs souvenirs qui sont plutôt positifs...  

Delphine Bancaud

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Photo d'illustration d'étudiants
Photo d'illustration d'étudiants — PURESTOCK/SIPA

Ils pensaient vivre deux années d’enfer, mais la réalité a été moins douloureuse. Selon une étude* de l’EM Strasbourg Business School, en partenariat avec Espace prépas, dévoilée en exclusivité par 20 minutes, les trois quarts des élèves de classes prépas ne regrettent pas leur choix d’orientation et 75% d’entre eux le recommanderaient même à leurs proches.

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«J’étais assez effrayé»

C’est le cas de Deborah Puschner, 22 ans, aujourd’hui élève en deuxième année du programme grande école à l’EM Strasbourg, qui a effectué sa prépa au lycée Montaigne de Mulhouse. «Je pensais vraiment que je n’allais pas avoir de vie sociale pendant deux ans. Mais ça n’a pas été le cas. Même si le programme implique beaucoup de travail, en s’organisant c’est jouable». La jeune fille reconnaît tout de même que les premiers mois ont été difficiles: «Je n’avais pas encore acquis les bons réflexes, mais petit à petit j’ai appris à m’avancer dans mon travail», confie-t-elle.

Bastien Fachan, 20 ans, qui a fait sa prépa économique au lycée Paul Valéry a aussi démarré ses deux années avec appréhension: «J’étais assez effrayé à l’idée de sacrifier ma vie personnelle et d’évoluer dans un univers concurrentiel. Mais j’ai reçu un bon accueil de la part de mes camarades qui ne se sont pas montrés individualistes comme je l’aurais cru», explique-t-il.

10 heures de travail quotidien en semaine

Pendant deux ans, les deux élèves ne nient pas qu’ils ont beaucoup travaillé avec en moyenne 8 heures de cours par jour auxquelles se sont ajoutées 2 heures de travail personnel. Sans compter les devoirs sur table plusieurs fois par semaine. «Le week-end, je travaillais en moyenne aussi deux heures par jour. Mais je m’octroyais quand même des sorties avec les amis et 2 heures par semaine de Kendo», se souvient Deborah. «J’ai dû faire quelques sacrifices comme arrêter les tournois de tennis. Mais j’ai continué à faire du sport et à voir mes amis à plus petites doses», confie aussi Bastien. Tous deux reconnaissent cependant qu’ils n’étaient pas dans les lycées les plus élitistes où la pression peut être plus forte.

Quant à l’absence de solidarité entre élèves, Deborah n’y a jamais été confrontée, au contraire. «On travaillait à plusieurs et on s’entraidait. D’ailleurs, j’ai rencontré mes meilleurs amis en prépa», confie-t-elle. Même son de cloche chez Bastien: «Loin des clichés sur la compétition, mes camarades étaient prêts à se soutenir». Une aide utile surtout quand les élèves ont été confrontés à des blessures d’ego: «J’ai bien sûr eu des sales notes. Mais on apprend de ses erreurs. Et les profs avaient tendance à dédramatiser», explique Bastien. «Ce n’est pas le même rapport entre profs et élèves qu’au lycée. En prépa, ils sont là pour nous guider en cas de difficultés», confirme Deborah.

Au final, les deux étudiants ont décroché leur ticket d’entrée dans une bonne école et ont appris beaucoup sur eux-mêmes. «La prépa, c’est un accélérateur de maturité. Et j’ai acquis une façon de travailler qui me sert encore aujourd’hui». «Avant j’étais très timide. Ça m’a forgé le caractère et donné une vaste culture générale», se félicite de son côté Deborah.