Jérôme Kerviel doit être entendu par un juge, ce mercredi, en tant que partie civile

JUSTICE L’ancien trader doit être entendu dans le cadre de deux plaintes qu’il a déposées contre la Société Générale…

Vincent Vantighem

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Jérôme Kerviel, le samedi 17 mai, à la frontière Française du côté de l'Italie.
Jérôme Kerviel, le samedi 17 mai, à la frontière Française du côté de l'Italie. — Claude Paris/AP/SIPA

Pour l’instant, il est à l’isolement à la prison de Fleury-Merogis (Essonne). Mais Jérôme Kerviel doit être extrait de sa cellule, ce mercredi, pour être entendu par le juge Roger Le Loire en tant que partie civile.

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Condamné définitivement pour «abus de confiance», l’ancien trader de la Société Générale assure, depuis la date de son arrestation en 2008, que sa hiérarchie était «au courant» de ses pratiques. Se faisant, il a donc déposé deux plaintes pour «faux et usage de faux» et «escroquerie au jugement». C’est dans le cadre de cette procédure qu’il doit être entendu au palais de justice de Paris, ce mercredi après-midi.

Des aveux truqués?

Encore marqué par sa marche contre la tyrannie des marchés interrompue par son arrestation à Menton (Alpes-Maritimes), le natif de Pont-L’Abbé entend toujours démontrer son innocence dans cette affaire. S’il a été emprisonné pour purger une peine de près de trois ans, il est renforcé dans sa démarche par l’arrêt de la Cour de cassation, datant de mars, qui a «cassé» les 4,9 milliards de dommages et intérêts qu’il devait rembourser à son ancienne banque et ordonné un nouveau procès civil sur ce point.

En attendant, Jérôme Kerviel entend démontrer, notamment à travers sa plainte pour «faux et usage de faux», que ses aveux ont été «truqués» au moment des faits. Entendu par sa hiérarchie dans les bureaux de la Société Générale juste avant son arrestation, Jérôme Kerviel a été enregistré. Or, selon sa défense, cet enregistrement qui a servi lors de son procès, a fait l’objet de différentes coupes, attestées par un rapport d’expertise.

Le début d’une affaire Société Générale?

Devant le doyen des juges d’instruction de Paris, Jérôme Kerviel compte également demander une expertise complète sur les pertes réelles de la banque dans le cadre de l’opération qui porte son nom depuis 2008. Selon lui, la banque aurait «profité» de l’affaire pour liquider les opérations d’autres traders, pourtant non inquiétés dans le cadre de cette affaire.

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«Avec la décision de la Cour de cassation, c’est peut-être la fin de l’affaire Kerviel, mais c’est le début de l’affaire Société Générale», estimait-il en mars dernier.