VIDEO. Bernard Cazeneuve veut «agir» contre la radicalisation islamiste en prison

TERRORISME Selon le ministre de l'Intérieur, il y a en prison «une diffusion d'une pensée radicale»...

20 Minutes avec AFP

— 

Une cellule de la prison pour mineurs de Marseille lors de son inauguration en 2007.
Une cellule de la prison pour mineurs de Marseille lors de son inauguration en 2007. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a affirmé ce lundi vouloir «agir» contre la radicalisation islamiste en prison, phénomène qui a marqué l'évolution du suspect de la tuerie du Musée juif de Bruxelles Mehdi Nemmouche.

«La prison n'est pas là pour former des djihadistes mais il est vrai qu'en prison, il y a la diffusion d'une pensée radicale», a-t-il dit sur Europe 1. «Il faut agir par rapport à ça», a-t-il poursuivi. «D'abord en faisant en sorte qu'il y ait des imams formés qui savent ce qu'est l'islam, qui en ont la culture, qui aillent expliquer cela dans les prisons.»

C'est «fondamental d'avoir un contre discours», a-t-il déclaré.

Nouvelles dispositions législatives

«C'est dans mon plan» qui sera présenté le 25 juin en Conseil des ministres, pour compléter les mesures présentées en avril afin de lutter contre les filières djihadistes vers la Syrie. «Je le ferai en liaison avec Christiane Taubira», la ministre de la Justice, «nous avons décidé d'agir ensemble sur ce point», a assuré Bernard Cazeneuve.

Ce plan «prévoit des dispositions législatives nouvelles», a précisé le ministre. «Aujourd'hui, l'incrimination d'association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ne suffit pas à être assuré qu'on aura la bonne incrimination pénale pour ceux qui, comme Mehdi Nemmouche, agissent seuls», a dit Bernard Cazeneuve.

«Profil du loup solitaire»

Contre les menaces terroristes, le ministre a précisé par ailleurs avoir «renforcé la protection de tous les lieux de culte», «des écoles», et «d'un certain nombre de lieux sensibles». Il recevra les représentants du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), et du Consistoire lundi soir place Beauvau.

Mehdi Nemmouche, Français de 29 ans, arrêté vendredi à Marseille, «était extrêmement dangereux» et «il est probable qu'il aurait continué à agir», selon le ministre.

Sa garde à vue se prolonge. Le jeune homme présente le «profil du loup solitaire», «l'enquête dira s'il a bénéficié ici ou là de complicités», a encore déclaré le ministre de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve a estimé que si la Belgique demandait l'extradition de Nemmouche, à l'issue de sa garde à vue, il «serait logique que ça lui soit accordé».