Tuerie de Bruxelles: «Il ne parlait jamais de religion»

JUSTICE Me Salifa Badaoui, avocate de Mehdi Nemmouche en 2009, se dit surprise par les faits qui sont reprochés à son ancien client...

Olivier Aballain

— 

Mehdi Nemmouche est originaire de Roubaix
Mehdi Nemmouche est originaire de Roubaix — Google Map

Me Salifa Badaoui, vous avez défendu Mehdi Nemmouche dans une affaire de braquage d'une supérette en 2006. Les faits qui pour lesquels il pourrait être suspecté aujourd'hui cadrent-ils avec sa personnalité d'alors ?

Pas du tout. Je l'ai connu quand il avait 22 ans, il a toujours nié le braquage, nié avoir utilisé des armes. Il n'était connu que pour une condamnation pour conduite sans permis, c'était plutôt un jeune homme sans histoires.

En 2009 et quand vous l'avez rencontré après sa condamnation, à la prison de Lille-Sequedin, vous paraissait-il intéressé par la religion?

Absolument pas, il n'en parlait jamais. Cela ne faisait visiblement pas partie de ses préoccupations, ni avant sa condamnation, ni la dernière fois que je l'ai rencontré, en 2010.

Si toutefois il devait être impliqué dans l'attaque meurtrière du musée juif de Bruxelles, son évolution pourrait-elle s'expliquer par son seul passage en prison?

Malheureusement, ce ne serait pas très surprenant. Le manque de moyens de la justice empêche parfois un accompagnement correct des jeunes condamnés. Il faut voir d'où il vient, il a toujours été placé, à l'époque il n'avait que ses deux sœurs  et sa grand-mère. En prison il a pu être livré à lui-même.

Pourriez-vous continuer à le défendre?

C'est possible. J'ai un contact avec sa famille, nous verrons plus tard.