«En Australie, le paquet neutre n’a rien changé à ma consommation de cigarettes»

TÉMOIGNAGES Virginie et Alexandra, internautes  installées en Australie, commentent l’idée de Marisol Touraine...

Christine Laemmel
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Un paquet de cigarettes en Australie
Un paquet de cigarettes en Australie — Alan Pryke/Newspix / Re/REX/SIPA

La ministre de la santé Marisol Touraine entend faire de la France une pionnière en matière de législation antitabac. Presque, car nous marcherons sur les pas de l’Australie. Depuis le 1er décembre 2012, les logos y sont interdits sur les paquets de cigarettes. Les images chocs recouvrent les deux côtés de l’emballage. L’uniformisation incite-t-elle à moins fumer? Virginie et Alexandra, deux internautes françaises qui vivent en Australie, restent sceptiques.



«Les photos sont vraiment dégoutantes, lâche Alexandra, dès qu’elle réagit à notre appel sur Twitter. Je me souviens d’un pied découpé avec un ongle plein de pus, c’était tellement dégueu que je refilais le paquet à mon mari. Il y avait un message sur la gangrène, je n’ai jamais compris le rapport.»

@20Minutes Oui et les photos sont parfois très très dégueu... Mais je vous assure que le paquet change pas grand chose au final !
— AlexandraAlazet (@Alexalazet) May 30, 2014



Mais si l’image heurte («un peu gênant au début»), elle ne reste pas en tête selon les deux fumeuses, comme l’absence de logo et la couleur unique. «Exposer que nous fumons des Marlboro ou des Lucky Strike me semble inutile, avance Virginie, donc cacher le nom de la marque ne sert vraiment à rien. Ça ne m’a pas du tout incité à diminuer ma consommation.»

«Les tabacs ressemblent à des armureries»

Alors pourquoi Virginie fume-t-elle moins et Alexandra est-elle passé aux cigarettes roulées? «Le vrai frein à l’achat, c’est le prix», assure Alexandra. A au moins 10 euros les 20 unités, la dissuasion a innervé toute la société australienne. «Les tabacs ressemblent à des armureries, compare-t-elle, avec des messages d’interdiction de ventes aux mineurs, des portes opaques qui dissimulent complètement les paquets. On ne voit rien».

En plus de ne pas avoir pignon sur rue, vendeurs et consommateurs seraient même plutôt mal vus, si l’on en croit les mauvaises expériences de Virginie. «Si vous fumez dans la rue, les gens vous regardent et si vous avez le malheur de vous arrêter, par exemple à un arrêt de bus, les gens vous demandent de bouger. Il m'est même une fois arrivée que les policiers m’interpellent dans la rue pour vérifier mon âge et mon passeport. Paraitrait qu’il est interdit de fumer dans la rue en position statique.» Alors qu’il ne resterait que 15% de fumeurs en Australie –contre 35% en France- Melbourne, deuxième ville du pays, envisagerait de devenir entièrement non-fumeur d’ici 2016