L'évacuation des camps de migrants a débuté à Calais

DEMENTELEMENT Plus de 600 personnes y vivent depuis quelques semaines...

A.D. avec AFP

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Un camp de migrants à Calais, le 18 mai 2014.
Un camp de migrants à Calais, le 18 mai 2014. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

L'évacuation par la police des camps de migrants à Calais, qui abritent quelque 650 personnes depuis plusieurs semaines, a démarré mercredi peu avant 8h, a constaté une journaliste de l'AFP.

Sous un ciel couvert et gris, de nombreux migrants qui étaient encore sous des tentes ou sous des bâches de fortune ont quitté d'eux-mêmes leurs abris lorsqu'ils ont vu arriver les forces de l'ordre, huées par les militants associatifs.

Dans le calme et sous les objectifs des nombreuses caméras de journalistes, les policiers, parfois assistés d'un interprète, inspectaient les tentes une à une, évacuant les rares personnes restantes.

Epidémie de gale

Plusieurs dizaines de personnes, parmi lesquelles des migrants, des journalistes et des militants, étaient déjà regroupées sur le bord de la route, à l'écart du plus gros camp, dit camp des Syriens, qui regroupe également beaucoup d'Afghans et environ 400 personnes, toutes nationalités confondues.

«Les gens stressent et cherchent l'endroit où ils se sentent le plus en sécurité», a expliqué à l'AFP Cécile Bossy, de la mission Médecins du monde à Calais.

Cette évacuation vise notamment à éradiquer une épidémie de gale qui touche les migrants depuis plusieurs semaines.

«C'était le carnaval»

Le traitement contre la gale a débuté mardi soir lors de la distribution des repas par l'association Salam. «C'était le carnaval», a affirmé Cécile Bossy, qui a notamment dénoncé l'absence de décontamination de vêtements. «Ils n'ont pas proposé les douches qui étaient supposées être mises en place lors de l'évacuation», a-t-elle ajouté, déplorant une opération «tout sauf professionnelle».

Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais, qui souhaitent pour la plupart passer en Angleterre. Leur nombre a doublé en l'espace de quelques semaines.

Ce démantèlement, -qui concerne le campement dit des Syriens, situé à l'entrée du port de Calais, le campement dit des Africains, situé sur le quai de la Gironde, au bord d'un canal, ainsi qu'un campement situé place Henri Barbusse,- devait être «accompagné d'une prise en charge et d'une mise à l'abri des migrants les plus fragiles», selon le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin.