Estelle, Antoine, Yves, Stéphane: Retour sur les disparitions d’enfants les plus troublantes

FAITS DIVERS «20 Minutes» revient sur les histoires françaises les plus marquantes de ces dernières années à l’occasion de la Journée internationale des enfants disparus…

Vincent Vantighem

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Le père d'Estalle Mouzin disparue voici dix ans, Eric Mouzin, souhaite, dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien lundi, que la nomination d'un cinquième juge dans l'enquête apporte "un regard neuf".
Le père d'Estalle Mouzin disparue voici dix ans, Eric Mouzin, souhaite, dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien lundi, que la nomination d'un cinquième juge dans l'enquête apporte "un regard neuf". — Miguel Medina afp.com

Avec le temps, les contours de leurs visages se sont un peu effacés des mémoires collectives. Mais quelques mots suffisent à rappeler les histoires de disparitions d’enfants les plus troublantes de ces dernières années. 20 Minutes revient sur quatre cas emblématiques à l’occasion de la Journée internationale des enfants disparus…

La plus médiatique: Estelle Mouzin. Guermantes. Le 9 janvier 2003.

C’est sans doute la plus «célèbre» des enfants français disparus. Estelle Mouzin n’a plus donné signe de vie depuis le 9 janvier 2003. Ce jour-là, elle est vue pour la dernière fois en face de la boulangerie, alors qu’elle rentre à pied de l’école à Guermantes (Seine-et-Marne). Elle est alors âgée de 9 ans.

Depuis, les enquêteurs n’ont pas perdu espoir de retrouver la jeune fille qui aurait 20 ans aujourd’hui. De la piste pédophile estonienne à celle menant à Michel Fourniret en passant par la découverte d’une valise à Besançon (Doubs): onze ans d’enquête, plus de 8.500 procès-verbaux, des centaines de perquisitions et plus de 150 gardes à vue n’ont pas permis de faire éclater le début de la vérité.

La plus mystérieuse: Antoine Brugerolle. Issoire. Le 11 septembre 2008.

«Vous avez pu remarquer, voir, entendre ou avoir connaissance d’un élément qui peut sembler être un détail, mais qui pourrait aider à retrouver ce petit garçon…» L’appel à témoins relancé en juin 2013 n’a pas porté ses fruits. Cinq ans après sa disparition à Issoire (Puy-de-Dôme), le «petit Antoine» est toujours introuvable.

Sa mère, Alexandrine, elle, reste dans la tourmente. Sortie dîner au restaurant avec son compagnon, elle avait signalé la disparition de son fils de cinq ans en rentrant chez elle. Mais les enquêteurs avaient rapidement établi que le garçonnet n’était pas allé à l’école de la semaine. Toxicomane, elle avait donc été placée en garde à vue avant d’être relâchée, faute de preuve. Elle s’était alors constituée partie civile dans cette affaire.

En 2012, on apprenait qu’Alexandrine avait été mise en examen avec son compagnon à Marseille (Bouches-du-Rhône) dans une autre affaire d’homicide, visant une Marseillaise de 37 ans, en juin 2011. Depuis, le plus grand flou demeure autour du sort du «petit Antoine».

La plus ancienne: Yves Bert. Lyon. Le 3 février 1977.

La concierge de l’école n’a aucun doute. Le petit Yves est bien sorti de l’école, ce 3 février 1977, dans le 3e arrondissement de Lyon. Il tenait par la main une petite fille qui l’a lâché pour rejoindre sa maman. Yves, lui, s’est retrouvé seul. Et n’a plus donné signe de vie depuis ce jour.

Ses parents ont cru le retrouver en 1978. A l’époque, ils reçoivent une lettre surprenante. «Je me permets de vous écrire pour vous faire savoir que j’ai de très bonnes nouvelles de votre fils… Ne pouvant avoir d’enfant, nous avons eu recours à ce mode d’enlèvement… Le remords nous tenaillant, nous avons décidé de vous rendre votre enfant», écrit l’auteur anonyme.

Contraint de se rendre dans une cabine téléphonique afin d’en savoir plus, les parents d’Yves attendront, en vain, un coup de fil qui ne viendra jamais.

La plus douloureuse: Stéphane Hirson. Lagny. Le 11 février 1994.

«Un coup c’est blanc, un coup c’est noir. Comment y croire?» La colère des proches de Stéphane Hirson est légitime. Disparu depuis 1994, le jeune homme «est toujours vivant, quelque part» ne cessait de dire sa mère.

Jusqu’au 6 novembre 2013. Ce jour-là, le procureur de la République de Grasse (Alpes-Maritimes) annonce que des ossements retrouvés engloutis au large d’Antibes correspondent à ceux du jeune homme disparu en 1994. Notamment un humérus.

Mais, commandé dans l’urgence, les analyses ADN effectuées contredisent cette version. Espérant enfin savoir ce qui est arrivé à l’adolescent disparu en région parisienne, ses proches repartent donc au point de départ. «Après la première annonce, certains nous ont présenté des condoléances, raconte l’une de ses cousines. Mais, non, on ne sait toujours rien de plus…»