Isabelle Balkany en garde à vue dans une enquête financière

JUSTICE Selon une source judiciaire...

20 Minutes avec AFP

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Isabelle Balkany
Isabelle Balkany — MARTIN BUREAU / AFP

Isabelle Balkany, épouse et première adjointe du maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a été placée ce mercredi en garde à vue dans une enquête pour blanchiment de fraude fiscale visant le couple. Cette garde à vue, révélée par M6, se poursuivait mercredi en début de soirée. Sa prolongation éventuelle devait être décidée jeudi matin.

Plusieurs perquisitions ont été menées, selon des sources proches du dossier, l'une d'elles précisant qu'un proche des Balkany, Jean-Pierre Aubry, ancien directeur de cabinet du maire de Levallois, était également en garde à vue sur commission rogatoire des juges financiers Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon.

Au centre des interrogations des enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) de la police judiciaire, deux villas dont le couple a eu l'usage, à Saint-Martin aux Antilles et à Marrakech au Maroc, explique une source proche de l'enquête. Les enquêteurs se demandent s'ils n'en sont pas les véritables propriétaires, dissimulés derrière des prête-noms et un écheveau de sociétés off-shore.

Patrick Balkany bénéficie d'une immunité parlementaire

Réélu triomphalement maire de sa commune dès le premier tour en mars, Patrick Balkany, 65 ans, également député, bénéficie d'une immunité parlementaire, qui doit être levée avant toute mesure coercitive, comme une garde à vue ou un contrôle judiciaire accompagnant une mise en examen. Mercredi, il s'est refusé à tout commentaire. Ces déboires judiciaires des Balkany, des intimes de l'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, sont nés des révélations d'un ancien allié politique du couple, Didier Schuller.

Il avait remis plusieurs documents aux magistrats. Parmi ces documents figuraient des rapports de police de 1998 et 2001, ainsi qu'une attestation d'ouverture en 1994 d'un compte en Suisse par Patrick Balkany, dans l'agence de Zurich de la banque ABN-Amro. Le rapport de police de 2001 s'intéresse à la villa de Saint-Martin, tandis que celui de 1998 est une «synthèse des vérifications bancaires relatives à Patrick Balkany».

Dans les rapports, les enquêteurs évoquent les conditions de cession des parts de Patrick Balkany dans l'entreprise familiale Laine et Soie Réty. Malgré les difficultés financières de cette entreprise, ces parts avaient été acquises pour 31 millions de francs, en trois versements effectués entre août 1989 et février 1991, par une société suisse, «Supo Holding».

Les enquêteurs s'interrogeaient alors sur ces sommes, décrivant Laine et Soie Réty comme «une coquille vide». Ils s'inquiétaient du «caractère fictif de cette transaction» et se demandaient si «cette vente d'actions (pouvait) avoir servi à masquer le versement de fonds à Patrick Balkany, alors président» de l'Office des HLM des Hauts-de-Seine. Didier Schuller, qui en était le directeur général, avait été condamné dans cette affaire, alors que Patrick Balkany avait été relaxé.

Une autre enquête pour «détournement de fonds publics»

Le rapport de synthèse de 2001 de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) évoque «un compte bancaire dans la partie hollandaise de l'île de Saint-Martin, compte qu'il utilise pour ses besoins personnels» lors de ses séjours dans la villa. «Ces éléments, qui remontent à plus de vingt ans, figuraient tous au dossier des HLM» des Hauts-de-Seine, avait indiqué au lancement de l'enquête Me Grégoire Lafarge, conseil des époux Balkany, qui n'a pu être joint mercredi.

«Ils n'ont donné lieu à aucune suite. Balkany a été totalement relaxé aux termes d'un jugement dépourvu de toute ambiguïté» dans cette affaire, avait-il ajouté. Patrick Balkany, qui n'a fait aucun commentaire mercredi, est également visé par une enquête pour «détournement de fonds publics», menée à Nanterre.

Le maire est soupçonné d'avoir utilisé un chauffeur de la mairie à des fins personnelles, notamment lors de vacances à Saint-Martin. L'édile avait expliqué avoir invité le policier sur ses «deniers personnels dans une maison louée à Saint-Martin».