Des sénateurs UMP soupçonnés d'avoir détourné 400.000 euros

JUSTICE Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour «détournements de fonds publics», «abus de confiance» et «blanchiment», selon «Le Parisien»...

Vincent Vantighem

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Des huissiers travaillent au Sénat, le 13 novembre 2013.
Des huissiers travaillent au Sénat, le 13 novembre 2013. — JOEL SAGET / AFP

Le dispositif est complexe. Assez pour que le parquet de Paris se décide à ouvrir une information judiciaire pour «détournements de fonds publics», «abus de confiance» et «blanchiment». Selon Le Parisien, le juge René Cros enquête depuis plusieurs semaines sur des soupçons de détournements de fonds au profit de plusieurs sénateurs UMP.

Menée pendant des mois par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA), l’enquête aurait mis au jour un système de versement d’argent entre deux associations de loi 1901 et des sénateurs du groupe UMP.

400.000 euros détournés en l’espace de deux ans

«Selon les premières investigations, l’Union républicaine du Sénat (URS) a perçu des fonds de la part du groupe UMP du Sénat, versés par la questure de la chambre haute, avant de les rétrocéder à ses membres, écrit Le Parisien. Les détournements de fonds pourraient s’élever à près de 400.000 euros en l’espace de deux ans.»

Selon les informations du quotidien, ces sommes issues du budget du palais du Luxembourg auraient notamment servi à rembourser les frais de relations publiques des sénateurs UMP, membres de l’URS, au cours de différentes élections.

Le trésorier de l’UMP auditionné

Désigné comme le donneur d’ordre de plusieurs «versements suspects», Jean-Claude Carle, sénateur UMP de Haute-Savoie et trésorier du groupe, a été auditionné librement par les enquêteurs en septembre 2013.

Lors de cette entrevue, il aurait reconnu avoir paraphé une quarantaine de chèques «pensant détenir une délégation de signature» en tant que trésorier de l’UMP mais a «nié avoir perçu des espèces».