Les fonctionnaires mobilisés pour leurs salaires, le gouvernement inflexible

SOCIAL Les premiers cortèges étaient assez fournis en province...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation de fonctionnaires le 15 mai 2014 à Marseile.
Manifestation de fonctionnaires le 15 mai 2014 à Marseile. — BORIS HORVAT / AFP

Infirmiers, enseignants, pompiers, éducateurs, policiers, gardes champêtres... Les fonctionnaires se mobilisent ce jeudi pour leurs salaires, gelés depuis 2010. Les premiers cortèges en province sont plutôt fournis, mais le gouvernement se montre intraitable: sans croissance, pas d'augmentations.

Sept syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FA-FP, FSU, Solidaires et Unsa) et FO de son côté ont appelé les agents à se mobiliser pour l'emploi et les salaires, notamment par la grève, une situation inédite sous l'ère Hollande, alors que le président a pris ses fonctions il y a deux ans.

«Incompréhension par rapport à la politique» du gouvernement

Les syndicats veulent avant tout un dégel du point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires et n'a pas été augmenté depuis juillet 2010. Pour eux, l'annonce par le gouvernement Valls du maintien de ce gel jusqu'en 2017 (avec un réexamen chaque année) est «inacceptable».

Mais, dans un courrier adressé aux syndicats avant la mobilisation, le Premier ministre leur a opposé une fin de non-recevoir, la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu réaffirmant elle aussi clairement ce jeudi matin: «nous ne pourrons faire de geste que le jour où la croissance redémarrera».

Jean-Marc Canon (CGT, premier syndicat de fonctionnaires) a fait part, de son côté, chez les agents traditionnellement ancrés à gauche, d'une «incompréhension par rapport à la politique» du gouvernement.

 «Salaires gelés, cote de popularité congelée»

Alors qu'une manifestation est attendue à 14h à Paris, en présence de Laurent Berger (CFDT), Thierry Lepaon (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO), les premiers cortèges en province étaient plutôt fournis.

A Marseille, la police a notamment recensé 3.200 manifestants et les organisateurs 31.000 dans deux cortèges séparés. Parmi les banderoles, on pouvait lire: «gelez les bonus des grands patrons, pas le point d'indice!» A Nice, ils étaient 1.300 selon la police, avec des pancartes prévenant le gouvernement: «Salaires gelés cote de popularité congelée».

Le château de Versailles fermé

A Toulouse, ils étaient plus de 10.000 selon les organisateurs - 3.000 selon la police -, tandis qu'à Lyon, la préfecture a recensé 2.700 manifestants. Ils étaient aussi un millier à Douai, selon la préfecture du Nord, près de 3.000 à Rouen (estimation AFP) et environ 1.500 à Orléans. A Strasbourg, ils étaient entre 1.100 (police) et 2.000 (syndicats).

A Nantes, un millier de personnes, selon la police, ont également défilé en rebaptisant au passage les rues avec des plaques comme «rue du salaire de misère» ou «rue du calvaire des fonctionnaires». Les touristes ont aussi fait les frais de la mobilisation au château de Versailles, fermé pour la journée. Et quelques dizaines de vols ont été annulés à Toulouse, Orly, Roissy ou encore Montpellier, en raison de la mobilisation de contrôleurs aériens.