Accident Rio-Paris: Air France dépose un recours en nullité du rapport de contre-expertise

ACCIDENT Selon la compagne, la contre-expertise a été «conduite de manière unilatérale»…

20 Minutes avec AFP
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Le 1er juin 20111, une femme se recueille à Rio près d'une plaque érigée à la mémoire des victimes du vol Rio-Paris, survenu en 2009.
Le 1er juin 20111, une femme se recueille à Rio près d'une plaque érigée à la mémoire des victimes du vol Rio-Paris, survenu en 2009. — Victor R. Caivano/AP/SIPA

Air France a annoncé ce mercredi qu'elle allait déposer un recours en nullité du rapport de contre-expertise judiciaire qui avait été demandée par le constructeur Airbus dans le cadre de l'enquête sur l'accident du vol Rio-Paris survenu en juin 2009, coûtant la vie de 228 personnes.

«Air France a constaté que cette contre-expertise a été conduite de manière unilatérale et non contradictoire, en violation du principe même du procès équitable, la compagnie n'ayant pas, quant à elle, été invitée à participer aux travaux des experts», a indiqué la direction à l'AFP.

Des éléments omis

La compagnie estime que «les éléments de ce rapport font une présentation partiale et tronquée des causes de l'accident qui porte atteinte aux droits fondamentaux de la défense d'Air France».

Selon elle, le rapport omet de nombreux éléments, en particulier, ceux relatifs au fonctionnement de l'avion, à savoir un A330 «qui figuraient dans le rapport» du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) et le premier rapport d'expertise judiciaire.

 «Réaction inappropriée de l’équipage»

Dans les conclusions de cette contre-expertise, les experts notent que «l'accident est dû à la perte de contrôle de l'avion suite à la réaction inappropriée de l'équipage après la perte momentanée des indications de vitesse».

Le BEA, qui a conduit l'enquête technique, avait conclu dans son rapport final de juillet 2012 que la catastrophe s'expliquait par une combinaison de défaillances techniques et humaines.

La justice poursuivait, depuis, son instruction en vue d'éventuelles responsabilités pénales. Air France et Airbus sont mis en examen depuis mars 2011 pour homicides involontaires.

Défaillance de sondes Pitot

Dans un communiqué, le syndicat de pilotes minoritaire Alter déplore que la responsabilité semble être imputée aux pilotes. Il rappelle que le point de départ de l'accident reste la défaillance des sondes de vitesse Pitot, fabriquées par Thales, qui givraient en haute altitude. Depuis, ces sondes ont été changées au profit de celles du concurrent Goodrich.

Airbus s'est refusé à tout commentaire dans le respect du secret de l'instruction. Chez Airbus, on souligne que la détermination des causes de cet accident est importante pour l'ensemble des compagnies exploitant les A330 et pas seulement Air France.

«Quelque 1.100 avions sont en service qui effectuent 15.000 vols par semaine», rappelle-t-on.