Andrew Geddes: De l’entraîneur «charismatique» au «pervers manipulateur»

PORTRAIT La justice a décidé de le maintenir en détention provisoire, le temps de l'instruction…

William Molinié

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Capture d'écran TF1.
Capture d'écran TF1. — 20 Minutes

Il y a l’Andrew Geddes, entraîneur professionnel reconnu et apprécié pour son encouragement à la compétition. Et la «grande gueule» à la tête d’entraînements «quasi-militaires», tantôt «charmeur», tantôt «beau-parleur», tendance «mythomane».

Cet homme de 48 ans au crâne rasé va rester en prison. Un juge des libertés et de la détention a décidé de l'écrouer à Fresnes, le temps de l'enquête. Il a été mis en examen pour des viols répétés sur trois jeunes filles mineures entre 1999 et 2005. Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés au sein de son ancien club de Sarcelles (Val-d’Oise), dans les gradins, derrières des bosquets, dans sa voiture ou même au cours de déplacements à l’occasion de compétitions.

«Il n’y a jamais eu de soupçons»

Andrew Geddes se présente comme un «entraineur [de] tennis haut niveau». Salarié du Levallois Sporting Club (LSC), il était jusqu’à ce que l’affaire éclate, directeur sportif, responsable des compétitions pour adultes. Les joueuses qui l’ont côtoyé au cours de ces dernières années sont sous le choc. «Je suis très surprise. Il n'y a jamais eu de soupçons. Pas de bruits, pas de rumeurs le concernant. Son comportement n'a jamais attiré l'attention», a raconté Magalie Girard, ancienne joueuse de Lavallois à La République du centre.

Dans ce club, l’entraîneur était «apprécié», selon un joueur, joint par 20 Minutes. «Il était charismatique. Tout le monde lui faisait confiance», explique-t-il. L’homme, originaire du New Jersey aux Etats-Unis, vit à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) avec sa compagne, elle aussi entraîneuse au sein du club. L’ancien international Henri Leconte, président du (LSC), a annoncé sa «mise à pied immédiate». L’entraîneur avait déjà fait l’objet d’un avertissement après avoir été surpris en état d’ébriété. Selon l’encadrement, il avait «un sérieux problème d’alcool».

«Très proche de ses joueuses»

A Sarcelles (Val-d’Oise), son ancien club où les viols répétés auraient été commis, Andrew Geddes était en charge de la formation des espoirs. L’actuel président, Jonathan Chaouat, le décrit lui aussi comme quelqu’un de «charismatique». D’anciens membres, qui se souviennent de «ses beuglantes», le désignent comme une «grande gueule», parfois même un peu «mythomane». «Ses entraînements, c’était quasiment du militaire», se souvient l'un d'entre eux.

Ce dernier évoque un «entraîneur plutôt beau-gosse, charmeur, érigé en idole, et très proche de ses joueuses». «Plusieurs fois, on s’était fait la réflexion. En se demandant s’il n’y avait pas davantage. Des bruits couraient. Aujourd’hui, tout cela résonne différemment.» Les policiers décrivent un «manipulateur» et n’hésitent pas à employer le terme de «prédateur sexuel». Le procureur de la République de Nanterre, lui, a fait mention d’un «pervers».

Une vidéo pour faire chanter une victime

Selon nos informations, l’homme, qui ne reconnaît qu’une seule «relation forcée» - les autres étant «consenties» -, a filmé un des rapports sexuels. «Il a menacé la victime de diffuser la vidéo sur Facebook si elle venait à parler», confie une source proche du dossier. Les victimes sont toutes des adolescentes qui rêvaient de devenir des championnes de tennis. Une source policière insiste sur «l’emprise psychologique» qu’il avait gagné sur les jeunes filles.

Contacté par 20 Minutes, son avocat n’a pas donné suite à nos sollicitations.