Vol Rio-Paris: Le crash «aurait pu être évité» selon une contre-expertise

ACCIDENT 228 personnes étaient mortes dans le crash en 2009…

20 Minutes avec AFP

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Le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris avait disparu en mer le 1er juin 2009 faisant 228 morts et aucun survivant.
Le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris avait disparu en mer le 1er juin 2009 faisant 228 morts et aucun survivant. — REUTERS

La catastrophe du vol Rio-Paris d'Air France en juin 2009 est due à «une réaction inappropriée de l'équipage après la perte momentanée des indications de vitesse», selon le rapport de la contre-expertise ordonnée dans l'enquête judiciaire, dont l'AFP a eu connaissance mardi.

Les simulations et les expertises «ont clairement établi la prédominance des facteurs humains dans les causes de l'accident et dans les facteurs contributifs», affirment les cinq experts dans leurs conclusions. «Nous avons aussi déterminé que l'accident», qui a causé 228 morts, «aurait pu être évité, et ceci par quelques actions appropriées de l'équipage», ajoutent-ils.

«Absence d'analyse structurée de la panne présente»

Cette contre-expertise, datée du 30 avril, avait été ordonnée un an plus tôt par les juges Sylvia Zimmermann et Sabine Kheris, après une première expertise qui avait été présentée en juillet 2012 aux familles des victimes. Dans cette enquête, Air France et Airbus sont mis en examen depuis 2011 pour homicides involontaires.

«Il a été déterminé par notre collège d'experts que l'accident est dû à la perte de contrôle de l'avion suite à la réaction inappropriée de l'équipage après la perte momentanée des indications de vitesse», écrivent les auteurs de la contre-expertise, qui dressent une liste de 14 facteurs contributifs, par ordre d'importance.

Ils citent d'abord la responsabilité de l'équipage, en évoquant «l'absence d'analyse structurée de la panne présente», «la non compréhension de la situation» et «la répartition des tâches dans le cockpit qui n'a pas été appliquée de manière rigoureuse».

Air France mise en cause

Mais ils mettent également en cause la compagnie aérienne, en déplorant une «absence de directives claires de la part d'Air France malgré plusieurs cas analogues faisant suite à des givrages des sondes Pitot et donc un retour d'expérience insuffisant». Ils pointent par ailleurs «l'insuffisance de la formation des pilotes dans l'application de la procédure "IAS douteuses"», requise lors du givrage des sondes et sur le comportement de l'avion lors de la perte des indications de vitesse.

Contacté par l'AFP, un des avocats des proches des victimes, Me Yassine Bouzrou, a jugé le rapport «plein de contradictions et d'imprécisions». «Les experts se contentent de blâmer les pilotes tout en éludant la question centrale des défaillances techniques», a-t-il réagi.