Voleuses du métro: Peines alourdies en appel pour le «clan Hamidovic»

JUSTICE La peine est assortie d'une période de sûreté des deux tiers, 100.000 euros d'amende et d'une interdiction définitive du territoire français...

avec AFP

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Le clan opérait dans le métro parisien.
Le clan opérait dans le métro parisien. — PCL/SUPERSTOCK/SIPA

La cour d'appel de Paris a alourdi ce mardi les peines prononcées à l'encontre de membres du «clan Hamidovic», poursuivis pour avoir forcé des jeunes filles, principalement mineures, à voler dans le métro parisien, condamnant le chef du clan à 12 ans de prison.

Cette peine, la plus lourde, prononcée contre Féhim Hamidovic, 61 ans, est assortie d'une période de sûreté des deux tiers, 100.000 euros d'amende et une interdiction définitive du territoire français. Son épouse Béhija a été condamnée à huit ans de prison, assortie des mêmes mesures, tout comme deux de leurs fils.

Interdiction définitive du territoire française

Les autres principaux prévenus ont été condamnés à des peines allant de cinq à 11 ans de prison assorties d'amendes de 10.000, 50.000 ou 100.000 euros, avec pour certains une période de sûreté des deux tiers et une interdiction définitive du territoire français.

Le parquet de Paris avait fait appel du jugement prononcé le 15 mai 2013 à l'encontre de 11 des 22 prévenus à l'issue du premier procès. Le tribunal correctionnel de Paris avait condamné 19 des principaux prévenus à des peines d'un à sept ans de prison, peines inférieures aux réquisitions.

En appel, l'avocat général avait requis 12 ans de prison contre Féhm Hamidovic, huit ans contre sa femme et deux de leurs fils et cinq à six ans contre les autres principaux prévenus. Avec son épouse, Féhim Hamidovic avait déjà été condamné en Autriche pour des faits similaires.

Réseau très structuré

Originaires pour la plupart de Bosnie-Herzégovine, les prévenus ont été condamnés notamment pour association de malfaiteurs, provocation de mineurs à commettre des délits, traite d'êtres humains ou encore vols en réunion.

L'enquête avait mis au jour un réseau très structuré, dans lequel les jeunes filles étaient dans un premier temps formées, avant d'être obligées à ramener 300 euros par jour en commettant des vols à la tire. Si cet objectif n'était pas atteint, elles pouvaient subir violences et brûlures de cigarettes.

Les voleuses ciblaient les touristes asiatiques, qui voyagent parfois avec d'importantes sommes d'argent en liquide. Selon une estimation des enquêteurs, les vols du clan auraient atteint 1,3 million d'euros en 2009.

Le réseau avait été démantelé en novembre 2010 lors d'une vague d'interpellations dans le sud de la France et en Italie. Le clan avait aussi des branches en Belgique, en Espagne et en Italie.