Des stars mobilisées pour demander la libération des lycéennes nigérianes

SOCIETE A Paris, deux manifestations se tiennent ce mardi pour demander la libération des 200 jeunes filles nigérianes détenues par le groupe Boko Haram

Oihana Gabriel

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Une manifestation mardi 13 mai 2014 sur le Trocadéro a rassemblé nombre de célébrités pour demander la libération des lycéennes nigérianes.
Une manifestation mardi 13 mai 2014 sur le Trocadéro a rassemblé nombre de célébrités pour demander la libération des lycéennes nigérianes. — PATRICK KOVARIK / AFP

«Il faut les retrouver ces filles!» C’est le cri du cœur de Léa Seydoux ce mardi matin. La comédienne de La Vie d’Adèle a choisi de manifester sa solidarité et son indignation lors d’un rassemblement pour demander la libération des lycéennes enlevées au Nigeria.

«Rendez-nous nos filles!»

Après l’indignation sur Twitter, les manifestations au Nigeria comme à Londres, la photo choc de Michelle Obama, au tour des stars françaises de défiler sur le parvis du Trocadéro (16e). Deux anciennes Premières dames, Carla Bruni et Valérie Trierweiler, sont venues prêter main-forte à la mobilisation.

Sur l’estrade où s’affiche le fameux hashtag #BringBackOurGirls, les trois femmes à l’origine de ce rapide rassemblement partagent leur révolte. «Ces 276 filles sont nos enfants, insiste la comédienne Karine Silla. Elles ont toutes un prénom. Il est intolérable qu’on se serve du corps des femmes et des petites filles comme champs de bataille.»

«C’est la première fois que la communauté internationale se dresse d’une seule voix», salue Lisa Azuelos, réalisatrice française. Et l’ancienne ministre déléguée à la Francophonie Yamina Benguigui de poursuivre: «Les troupes de Boko Haram ont d’abord violé un espace sacré, une école. Obligeons les états à intervenir pour que cessent les exactions criminelles contre les femmes, pour que toutes les petites filles d’aujourd’hui soient plus libres demain. Nous remercions Valérie Trierweiler et Carla Bruni qui ont su murmurer à l’oreille des chefs d’Etat.»

Beaucoup espéraient en effet que l’emballement médiatique pèse sur les décisions politiques. «Il faudrait que tous les pays s’activent», reprend Léa Seydoux.

Défilé de stars

Sur l’esplanade, des comédiennes comme Jane Birkin, Elsa Zylberstein, Alexandra Lamy, des femmes politiques, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, la navigatrice Maud Fontenoy posent avec des affiches: «Rendez-nous nos filles». «Je ne viens ni en femme du show-business, ni en femme politique mais en femme concernée par ces jeunes filles enlevées, qui pourraient être les miennes, confie Sandrine Kiberlain.

Un sentiment partagé par les femmes mobilisées ce mardi matin. Bridget, une trentenaire d’origine nigériane, a posé sa journée pour venir manifester. «Quand j’ai découvert les dernières images, ça m’a vraiment fait mal. Deux cents filles ne peuvent pas s’évanouir dans la nature! Il faut que cette secte sache que les yeux du monde sont braqués sur eux. Le seul risque, c’est de voir d’autres groupes extrémistes faire de même à cause de l’exposition médiatique. Je m’attendais à voir plus de monde», regrette-t-elle.

Car si les stars ont attiré les flashs, environ une centaine de femmes seulement ont crié leur colère. Il faut dire qu’une deuxième manifestation, cette fois à l’appel d’associations féministes, doit se tenir ce même mardi à 18h à Paris. «C’est vrai que plusieurs messages sont diffusés: pour la défense des femmes, des droits de l’Homme, de l’éducation, reconnaît Charlotte, 20 ans. Mais c’est dommage de voir qu’il n’y a que des femmes pour se battre pour des femmes.»