Un faux taxi condamné pour le meurtre d'une jeune Suédoise rejugé en appel

JUSTICE Le procès doit s'étaler jusqu'au 23 mai...

20 Minutes avec AFP

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Bruno Cholet est accusé d'avoir enlevé et tué Susanna c son taxi clandestinZetterberg après l'avoir prise en charge ave le samedi 19 avril 2008 peu avant cinq heures du matin, à la sortie d'une boîte de nuit parisienne.
Bruno Cholet est accusé d'avoir enlevé et tué Susanna c son taxi clandestinZetterberg après l'avoir prise en charge ave le samedi 19 avril 2008 peu avant cinq heures du matin, à la sortie d'une boîte de nuit parisienne. — Benoit Peyrucq afp.com

Le faux chauffeur de taxi Bruno Cholet, délinquant multirécidiviste condamné à perpétuité pour le meurtre d'une jeune Suédoise en 2008 à Paris, est rejugé à partir de ce mardi à Melun par la cour d'assises d'appel de Seine-et-Marne.

Bruno Cholet, qui se dit innocent, avait fait appel de sa condamnation à la peine maximale, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, prononcée en septembre 2012 par la cour d'assises de Paris.

Âgé de 57 ans, déjà condamné notamment pour des violences et trois viols, il a été reconnu coupable en première instance de l'enlèvement, la séquestration et le meurtre en avril 2008 de Susanna Zetterberg, une blonde de 19 ans.

Un chauffeur «bizarre»

Elle avait été retrouvée en bordure de la forêt de Chantilly (Oise) avec quatre balles dans la tête, une plaie à l'arme blanche et les mains entravées dans le dos par des menottes. L'état de son corps, en partie carbonisé, n'avait pas permis d'établir si elle avait subi des violences sexuelles.

Après une soirée dans une boîte de nuit parisienne, la jeune étudiante installée à Paris pour y apprendre le français était rentrée seule et avait été prise en charge par un taxi clandestin. A une amie, elle avait envoyé un message pour dire que son chauffeur était «bizarre».

Des traces d'ADN de l'accusé

Bruno Cholet, qui a toujours nié les faits, avait été interpellé six jours après la découverte du corps, confondu par des témoignages et grâce au fichier des personnes condamnées pour exercice illégal de l'activité de taxi.

Dans son véhicule, les enquêteurs avaient retrouvé un sac plastique sur lequel était inscrit au feutre «Susana 377», contenant un pistolet de calibre 22, des cartouches, des gants en latex et des menottes.

Des traces d'ADN correspondant à celui de la victime et à celle de l'accusé ont été découvertes sur l'arme.

Pas de confession

Lors de l'enquête et pendant son procès, Bruno Cholet a toujours nié avoir pris Susanna Zetterberg dans son véhicule, accusant même des policiers d'avoir fabriqué des preuves contre lui et placé le sac dans sa voiture.

Selon Laure Moureu, avocate de la famille Zetterberg, aucun élément nouveau n'a émergé dans ce dossier depuis la première condamnation. «Nous pensons qu'il va rester sur la même ligne, celle de l'innocence, et défendre la thèse du complot policier. La famille n'attend pas de confession, ni davantage de réponse», déclare-t-elle.

Comme en première instance, les parents et le frère de Susanna, qui résident en Suède, assisteront aux débats.

Une «véritable perversion morale, sexuelle et sociale»

«Il n'avait rien à perdre à faire appel car il a pris la peine maximale, mais ça va être dur pour la famille d'être à nouveau confrontée à celui qui est accusé d'avoir tué leur fille et soeur», poursuit l'avocate.

Bruno Cholet, qui a passé la majeure partie de sa vie en prison, a été décrit par divers experts comme souffrant de «carences affectives» dès sa naissance et présentant une «véritable perversion morale, sexuelle et sociale».

«On a un dossier qui a des failles et une personne qui clame son innocence. Auparavant, mon client avait reconnu les faits pour lesquels il avait été condamné», défend son avocate, Me Aurélie Cerceau.

«C'est le coupable idéal mais c'est son casier judiciaire qui parle pour lui», assure-t-elle.

Le procès doit se tenir jusqu'au vendredi 23 mai.