Affaire Fiona: Les recherches reprennent un an après la disparition de la fillette

FAITS DIVERS Sa mère et son beau-père sont incarcérés...

20 Minutes avec AFP

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La photo de la petite Fiona, 5 ans, disparue à Clermont-Ferrand Ferrand le 13 mai 2013, sur des fleurs laissées devant son domicile, le 29 septembre 2013
La photo de la petite Fiona, 5 ans, disparue à Clermont-Ferrand Ferrand le 13 mai 2013, sur des fleurs laissées devant son domicile, le 29 septembre 2013 — Thierry Zoccolan AFP

Un an après la disparition de Fiona, de nouvelles fouilles sont organisées mardi près de Clermont-Ferrand pour tenter de retrouver le corps de la fillette de 5 ans, en présence de sa mère et de son beau-père, tous deux incarcérés dans le cadre de cette affaire.

Les enquêteurs souhaitent retrouver le corps de l'enfant, enterrée nue par sa mère et son beau-père près du lac d'Aydat, à une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Mais, bien que trois déplacements aient déjà été organisés dans le secteur en septembre et octobre 2013, ni l'un ni l'autre n'ont su jusque là indiquer où se trouvait exactement le corps de la fillette, se contentant de préciser que ce serait «en lisière d'une forêt».

Tous deux, toxicomanes connus et sans doute sous l'emprise de la drogue au moment des faits, se sont contentés de lâcher quelques bribes de souvenirs et des «flashes».

En annonçant la reprise des recherches le 28 avril dernier, le parquet avait précisé qu'il y aurait un transport sur les lieux le 13 mai pour «tenter de retrouver encore une fois où le corps a pu être enseveli». «Des repérages aériens (par hélicoptère, ndlr) avaient permis de réaliser des photos de quelques endroits», qui pourraient orienter les fouilles, avait-on ajouté de même source.

La date du 13 mai a été retenue car «la nature aura la même configuration» que l'an dernier, ce qui pourrait permettre à la mère et au beau-père de retrouver la mémoire. De source proche de l'enquête, on précise que le beau-père, Berkane Makhlouf, serait amené sur les lieux le matin alors que la mère, Cécile Bourgeon, serait elle aménée sur place dans l'après-midi.

Dimanche, une marche blanche organisée dans la ville a rassemblé une centaine de personnes qui ont défilé derrière une banderole tenue par des jeunes enfants sur laquelle on pouvait lire «Tous ensemble pour Fiona disparue le 12 mai 2013 à Clermont».Le 12 mai 2013, la mère de Fiona déclarait sa disparition, affirmant que l'enfant qui jouait avec sa petite soeur dans un parc de Clermont-Ferrand s'était volatilisé, alors qu'elle-même, enceinte de six mois, s'était assoupie sur un banc.

Quatre mois de mensonges

La France entière croit à un enlèvement. Et s'émeut pour cette jeune mère éplorée, qui se répand dans les médias et «lance un appel au secours» pour qu'on retrouve sa fille, déclenchant un grand élan de solidarité.

A plusieurs reprises, les 25 ha du parc escarpé de Montjuzet et ses alentours sont passés au peigne fin. En vain. Le parquet de Clermont-Ferrand ouvre alors une information judiciaire pour «enlèvement et séquestration». Un numéro vert national est mis en place, qui recueille plus de 200 appels, donnant lieu à des vérifications. Sans succès.

Plusieurs pistes sont explorées. Dont celle d'une vengeance d'un ancien ami de la mère, un Algérien contre lequel elle avait porté plainte un an plus tôt pour «viol et séquestration». Piste qui tournera court. Mais le 24 septembre 2013, l'enquête rebondit avec la garde à vue de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, à Perpignan, où ils viennent de s'installer.

Après quatre mois de mensonges, ce couple de toxicomanes avoue le décès de la petite Fiona, qui aurait été battue. Sans pouvoir dire où ils l'ont enterrée. Aujourd'hui âgée de 26 ans, Cécile Bourgeon et son concubin de 33 ans sont poursuivis pour «coups mortels aggravés» et écroués. La découverte du corps de Fiona est capitale pour la suite de l'enquête, car l'autopsie permettrait de déterminer les circonstances de sa mort, alors que les versions de la mère et de son concubin divergent.

Cécile Bourgeon accuse son compagnon d'avoir frappé l'enfant tandis que Berkane Makhlouf évoque la thèse d'un accident domestique: Fiona serait morte étouffée dans son vomi. Mais fin octobre, ce dernier changeait de défense. Et accusait à son tour Cécile Bourgeon d'avoir frappé Fiona dans les jours ayant précédé sa mort. Selon son avocat Me Mohamed Khanifar, «il n'a pas changé de version et il n'en changera pas».