Villers-Cotterêts commémore l'abolition de l'esclavage sans son maire FN

POLEMIQUE Le maire frontiste s'est opposé à cette commémoration, vue comme une «auto-culpabilisation»...

20 Minutes avec AFP
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Franck Briffaut à Villers-Cotterêts le 1er avril 2014.
Franck Briffaut à Villers-Cotterêts le 1er avril 2014. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Environ 300 personnes ont commémoré samedi l'abolition de l'esclavage à Villers-Cotterêts (Aisne), protestant contre le refus du maire FN récemment élu d'organiser des célébrations comme cela se faisait depuis 2007 dans la ville, a constaté une journaliste de l'AFP.

Sous une pluie battante, de nombreux représentants d'associations et syndicaux, élus et hommes et femmes de toutes origines se sont réunis à 11h devant une plaque apposée au 41, rue du Général Mangin, où mourut en 1806 le général Dumas, né esclave à Saint-Domingue et père d'Alexandre Dumas.

«Auto-culpabilisation permanente»

Alors que la commune organisait depuis 2007 des cérémonies chaque 10 mai, jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage, le nouveau maire FN, Franck Biffaut, avait annoncé qu'il ne ferait rien cette année, dénonçant «une auto-culpabilisation permanente».

«Franck Briffaut s'est déshonoré en refusant de commémorer officiellement l'abolition de l'esclavage (...). Le Front national s'est déshonoré en ne le désavouant pas, car devant cette plaque apposée en 2006, 8 ans durant, les maires de Villers-Cotterêts de droite comme de gauche sont venus commémorer l'abolition de l'esclavage», a lancé Claude Ribbe, président de l'association des Amis du général Dumas. «Qu'on ne nous parle pas de refus de la culpabilisation. La culpabilisation, c'est quand on se cache comme le fait le maire de Villers-Cotterêts aujourd'hui. Quand on se cache, c'est qu'on a quelque chose à se reprocher!», a encore lancé l'écrivain et réalisateur, vivement applaudi.

«C'est la confirmation de ce que je pensais, c'est une manifestation politique, fourre-tout», a réagi Franck Briffaut auprès de l'AFP. «Si le général Dumas nous voit, je ne suis pas sûr qu'il approuve», a-t-il ajouté.