Asthme: «On ne naît pas asthmatique, on le devient»

Romain Lescurieux

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Une jeune fille se sert d'un inhalateur, illustration.
Une jeune fille se sert d'un inhalateur, illustration. — West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA

«L'asthme est très sous-estimé, parfois banalisé, et informer le public reste une priorité», annonce l’association Asthme et Allergies qui organise en France ce mardi 6 mai, la journée mondiale de l’asthme 2014, avec le parrainage de l’EFA (European Federation of Allergy and Airways Diseases Patients Associations)

Comme chaque année, ce rendez-vous est l’occasion d’alerter sur cette maladie qui concerne 30 millions de personnes en Europe et plus de 4 millions en France, soit 6,7% de la population et 9% des enfants. Mais surtout sur le fait que l’asthme tue encore.

1.500 décès chaque année en France

«Le nombre de décès par an reste malheureusement stable avec plus de 1.500 personnes en France qui décèdent encore chaque année d'une crise, pourtant évitable dans la plupart des cas», ajoute l’association, qui entend montrer que «les traitements disponibles pour maîtriser l’asthme sont nombreux, variés et de plus en plus adaptés» pour cette maladie qui peut toucher aussi bien les nourrissons, les enfants, les adultes et les seniors.

Car on «ne naît pas asthmatique, on le devient avec des prédispositions», explique le docteur Patrick Rufin, pneumo-allergologue. «L’asthme est la rencontre d’un terrain génétique prédisposé et de l’environnement, soit les allergènes, les polluants et les virus», poursuit-il. En effet, le pollen, les poils d’animaux ou encore la pollution vont ainsi plus facilement être attirés vers des bronches «à risque». Il est toutefois possible de prévenir et de limiter les effets de cette maladie.

«Il n’y a pas un, mais des asthmes»

«Evidemment, il est vivement conseillé de s’écarter du tabagisme, de l’exposition aux produits chimiques, des aérosols ou encore de certains animaux», affirme le docteur Rufin. De plus, «il est important d’aérer et ventiler les pièces dans lesquelles nous vivons», ajoute-t-il.

Mais désormais l’asthme est de mieux en mieux traité et de manière très personnalisée. «Car il n’existe pas un mais des asthmes. Chaque individu développe sa maladie», poursuit le spécialiste. Et face à cette situation, «les techniques d'inhalation ont évolué offrant des possibilités mieux adaptées à chaque type d'asthme et à chaque personne selon son mode de vie, ses contraintes, ses aptitudes à inhaler», note l’association Asthme et Allergies.