Viol présumé au 36 Quai des Orfèvres: La personnalité de la victime au cœur du dossier

R.S.

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Le batiment du 36 quai des Orfevres, siège de la Direction Regionale de la Police Judiciaire de la Prefecture de Police de Paris.
Le batiment du 36 quai des Orfevres, siège de la Direction Regionale de la Police Judiciaire de la Prefecture de Police de Paris. — JAUBERT/SIPA

Alors que les trois policiers mis en cause dans l’enquête pour viol sur une touriste canadienne ont été suspendus par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, c’est la personnalité de la victime qui intéresse désormais les enquêteurs. Selon le JDD, qui a eu accès aux PV d’enquête, Emily S., 34 ans, aurait été décrite comme «encline à avoir des relations sexuelles facilement avec des inconnus». C’est son compagnon de route, un avocat canadien de 70 ans, qui dresse le portrait de la jeune femme, rentrée depuis dans son pays natal, le Canada.

Selon une serveuse du pub où elle a rencontré les policiers cités, elle embrassait plusieurs d'entre eux «sur la bouche», avant de les suivre au siège de la PJ parisienne. C’est après que les contradictions apparaissent dans les récits des différents protagonistes. L’un des policiers reconnaît une fellation dans son bureau, consentie selon lui, alors qu’Emily S. évoque ce geste sous la contrainte après avoir été amenée à boire «un grand verre de whisky». Dans ce même bureau, deux autres policiers auraient alors débarqué pour abuser de la touriste. Elle évoque aussi un quatrième homme qui l’aurait violée dans un autre bureau.

Côté défense, trois policiers affirment n’avoir eu aucune relation sexuelle et ne pas avoir été témoins des ébats de leur collègue. Le JDD précise qu’un autre gardien de la paix, affecté au filtrage du deuxième étage (deux étages en dessous des bureaux où étaient Emily S.), «a entendu des cris de jouissance aigus», sans s’inquiéter pour autant. Les policiers avaient déjà fait visiter les locaux du 36 à leurs conquêtes d’un soir par le passé.