VIDEO. Jean-Marie Bigard dément finalement avoir bénéficié d'un arrangement avec le Fisc sous Mitterrand

IMPÔTS n échange d'une prestation à une réunion socialiste...

M.P.

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Jean-Marie Bigard le 21 avril 2009 à Lille.
Jean-Marie Bigard le 21 avril 2009 à Lille. — F. LO PRESTI / AFP

Un joli rétropédalage. Voilà ce qu'a tenté Jean-Marie Bigard ce jeudi soir après avoir provoqué une polémique dans la jounée en évoquant sur France Info un arrangement avec le Fisc.

«Je regrette d'avoir dit que Michel Charasse [ancien ministre du Budget, Ndlr] déchirait les feuilles d'impôt. Je n'aurais pas dû colporter cette rumeur qui se racontait à l'époque», a-t-il dit à l'AFP jeudi soir. «Je présente vraiment mes excuses sur ce point à Michel Charasse. Il a bien raison de dire que c'est faux et con», a-t-il ajouté.

Jean-Marie Bigard a assuré n'avoir «jamais bénéficié de quoi que ce soit». «Je n'ai jamais dit que Charasse avait traité un de mes dossiers», a-t-il dit. L'humoriste dit avoir «simplement évoqué ce que Michel Charasse reconnaît: il y a 35 ans, il y avait effectivement des vedettes très connues qui pouvaient arranger leurs problèmes d'impôts, notamment en obtenant des délais».

 

«Charasse était plutôt sympa»

Dans la matinée, dans Tout et son contraire, l’émission de Philippe Vandel, Jean-Marie Bigard évoque ses difficultés avec des municipalités socialistes après son annonce du soutien à Nicolas Sarkozy en 2007. Il confirme et lâche: «Charasse était plutôt assez sympa avec les artistes. Tu avais un petit problème d’impôt et il disait: vous pouvez jouer à ce truc socialiste? Ça aussi vous pouvez le faire ? Et puis il prenait la feuille et il la déchirait».  Et d’insister: «Bien sûr, c’est très connu. Cela n’existe plus maintenant».

 

Interrogé par France info sur cette pratique, Michel Charasse, membre du Conseil constitutionnel, a assuré «tomber de l’armoire». Mais reconnaît tout de même «un traitement de faveur pour les personnalités, artistes mais aussi sportifs ou syndicalistes, souvent négligentes avec leurs déclarations de revenus».

«Je ne voulais surtout pas de scandale public.»

«Je convoquais alors directement l’intéressé pour trouver un arrangement, un délai de paiement supplémentaire, une remise de pénalité. Je n’ai jamais reçu d’instructions de François Mitterrand ou de Jack Lang. C’est moi qui ai mis en place ce système. Je ne voulais surtout pas de scandale public.»

Une explication à un traitement de faveur qui aurait beaucoup de mal à passer en cette période de disette budgétaire.