Rythmes scolaires: Marseille réclame un moratoire

EDUCATION La Ville s'inquiète du coût de la réforme...

avec AFP

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 	Une classe de primaire, illustration.
Une classe de primaire, illustration. — PHILIPPE HUGUEN/ AFP

Le conseil municipal de Marseille a demandé lundi au gouvernement un moratoire sur la réforme des rythmes scolaires qui doit être appliquée à la rentrée 2014. La Ville s'inquiète du «poids qu'elle fait peser sur les finances».

Roland Blum, adjoint au maire chargé des Finances, a chiffré le coût de la réforme à «25 millions d'euros», somme nécessaire pour recruter des animateurs dans les 445 écoles communales, renforcer le personnel municipal et organiser les activités.

Les assouplissements salués

«L'erreur» a été de «prendre une telle décision, qui concerne les 36.000 villes de France, sans vouloir passer par le Parlement de la République (...) C'est une faute politique que d'avoir voulu passer en force», a déclaré le sénateur-maire (UMP) Jean-Claude Gaudin, qui n'a jamais caché son hostilité vis-à-vis de cette réforme.

Si l'élu a salué les assouplissements proposés par le nouveau ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, avec la possibilité de rassembler les activités périscolaires dans une seule demi-journée, il a estimé que ces «quelques efforts» étaient «insuffisants».

«Quand l'Etat impose aux communes une charge supplémentaire, il doit la restituer par ailleurs, ce qui n'est visiblement pas le cas», a dénoncé Jean-Claude Gaudin.

La municipalité réclame par conséquent un report dans l'attente «des solutions sur la compensation financière intégrale» des dépenses engagées. Et «si le gouvernement n'accepte pas le moratoire, on ne mettra pas en oeuvre la réforme. On n'a pas l'intention de se laisser embrigader dans une affaire qui peut conduire à des déficits publics abyssaux», a assuré Roland Blum.

La semaine de quatre jours, un non-sens biologique

Le PS a regretté le vote de cette délibération. «Marseille va être ainsi la seule grande ville de France à ne pas souhaiter adopter un décret que 22% des communes respectent déjà et que 99% appliqueront à la prochaine rentrée», a réagi la conseillère municipale Annie Lévy-Mozziconacci. «La semaine de quatre jours est un non-sens biologique (...) Cette réforme est une prescription médicale! », a lancé l'élue, généticienne de profession.

Quelques centaines d'agents territoriaux FO des écoles ont manifesté avant le conseil municipal pour dire leur opposition à la réforme.

Joint par l'AFP, Patrick Rué, secrétaire général du syndicat, craint que sa coûteuse mise en oeuvre fasse «passer à la trappe les revendications salariales» et affecte le recrutement. Il prédit également «une surcharge de travail pour les agents» qui, en outre, «ne veulent pas travailler le mercredi».

Les communes pas encore passées à la semaine de 4,5 jours

Les communes qui ne sont pas encore passées à la semaine de 4,5 jours devront appliquer à la rentrée cette réforme controversée, élaborée par le prédécesseur de Benoît Hamon, Vincent Peillon.

Initialement, elle devait être mise en oeuvre partout à la rentrée 2013. Mais en novembre 2012, face à l'inquiétude des maires sur les «difficultés de mise en oeuvre», François Hollande avait annoncé un étalement sur deux ans.