VIDEO. Gang des barbares: Les soeurs d'Ilan Halimi toujours sous le choc

SOCIETE Les jeunes femmes s’exprimaient à l’occasion de la sortie mercredi prochain du premier film retraçant le cauchemar de leur famille, «24 jours», du réalisateur Alexandre Arcady…

D.B. avec AFP

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Les soeurs d'Ilan Halimi, Yaël Halimi et Anne-Laure Abitbol (de g à d), lors du procès de son ravisseur et meurtrier Youssouf Fofana au palais de justice de Paris, le 29 avril 2009
Les soeurs d'Ilan Halimi, Yaël Halimi et Anne-Laure Abitbol (de g à d), lors du procès de son ravisseur et meurtrier Youssouf Fofana au palais de justice de Paris, le 29 avril 2009 — Lionel Bonaventure AFP

Huit ans après la mort d’Ilan Halimi, un jeune Juif séquestré, torturé et tué dans une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine) par le «gang des barbares», la blessure est toujours aussi vive pour ses proches.

Peut-on se remettre d’un traumatisme pareil, «Non, on ne s’en remet pas», répond Anne-Laure Abitbol, l’une des sœurs d’Ilan Halimi, au micro d’Europe 1.

Yaël Halimi et Anne-Laure Abitbol, sœurs de la victime, s’exprimaient à l’occasion de la sortie mercredi prochain du premier film retraçant le cauchemar de leur famille, «24 jours», du réalisateur Alexandre Arcady. «C’est important de parler», «pour la mémoire d’Ilan», expliquent les deux sœurs, avant de se dire contentes «qu’on reparle de cette histoire, pour qu’on n’oublie pas, que ça ne se reproduise plus».

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«Une preuve d’en parler»

Le réalisateur a choisi d’adapter le livre de Ruth Halimi, la mère de la victime («24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi»). Le jeune homme, alors âgé de 23 ans, avait été attiré dans un guet-apens, un soir de janvier 2006, à Sceaux (Hauts-de-Seine).

Il avait été retenu et torturé pendant trois semaines dans une cité de Bagneux. Ses ravisseurs, emplis de préjugés antisémites, voulaient extorquer de l’argent à sa famille. Youssouf Fofana, le chef du «gang des barbares» qui a reconnu avoir porté les coups mortels, a été condamné à la perpétuité en 2009. Ilan Halimi avait été découvert agonisant près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), le long des lignes de RER.

«C’est une épreuve à chaque fois d’en parler», confesse Anne-Laure Abitbol. «Chacun (des accusés, ndlr) a fait un petit peu pour qu’Ilan soit là où il est aujourd’hui», dit-elle.

La mère d’Ilan N’a pas pu voir le film

«J’ai croisé une des accusées dans le métro et ça m’a fait comme un coup de couteau dans le coeur… ça m’a fait très très mal», dit-elle. «On s’est regardées et puis j’ai tourné le regard», se souvient-elle.

Le pardon est-il possible? «C’est très difficile comme question», répondent les deux sœurs.

Alors que le film est centré sur la mère d’Ilan Halimi, celle-ci n’est pas allée le voir en avant-première, rapportent ses filles. «C’est trop difficile pour elle.»