Photo non datée de Serge Lazarevic aux mains de ses ravisseurs.
Photo non datée de Serge Lazarevic aux mains de ses ravisseurs. — AGENCE NOUAKCHOTT INFORMATIONS / AFP

MONDE

Quelle est la situation de Serge Lazarevic, dernier otage français?

Enlevé au Mali le 24 novembre 2011 avec Philippe Verdon, cet homme de 50 ans est aujourd’hui le dernier otage français…

La dernière preuve de vie date d’il y a plus de deux ans. Et pour cause, c’est la seule que les ravisseurs ont bien voulu envoyer. Enlevé le 24 novembre 2011 au Mali par une faction d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Serge Lazarevic est aujourd’hui le dernier otage français après la mort, annoncée mardi soir, de Gilberto Rodrigues Leal20 Minutes fait le point sur sa situation.

De quelles preuves de vie dispose-t-on?
Tout comme Gilberto Rodrigues Leal, Serge Lazarevic est détenu par une faction d’Aqmi. La mort du premier, annoncée mardi soir, fait donc craindre le pire pour le second.

D’autant que la seule preuve de vie dont disposent ses proches date d’il y a plus de deux ans. Trois mois après son enlèvement, les ravisseurs avaient en effet envoyé une vidéo où l’on voyait Serge Lazarevic en compagnie de Phillipe Verdon. Le corps de ce dernier, abattu d’une balle dans la tête, a été rapatrié l’été dernier. En novembre 2013, Diane, la fille de Serge Lazarevic, avait exhorté les ravisseurs à envoyer une nouvelle preuve de vie. Sans succès.

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Quelle est la position du Quai d’Orsay?
Depuis plusieurs années, le Quai d’Orsay a pris l’habitude de ne communiquer aucune information sur la situation des otages afin de ne pas compromettre le travail en cours pour obtenir leur libération. Contacté par 20 Minutes ce mercredi matin Romain Nadal, l’un des porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a donc maintenu cette position «pour l’efficacité de tout ce que nous faisons pour obtenir sa libération.» Se faisant, le Quai d’Orsay assure toutefois être en contact «étroit» et «régulier» avec Diane Lazarevic, la fille de l’otage.

Que sait-on de ses ravisseurs?
L’enlèvement de Serge Lazarevic et de Philippe Verdon a été commandité par la katiba Al Ansar d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Celle-ci est dirigée par Abdelkrim al-Targui (Abdelkrim le Touareg), un djihadiste malien. Celui-ci est «célèbre» pour avoir exécuté Michel Germaneau d’une balle dans la tête. Sa katiba a également revendiqué l’enlèvement et l’exécution, en novembre dernier, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français. Connu pour sa barbarie, Abdelkrim al-Targui aurait également ordonné la mise à mort par lapidation d’un couple adultère, au nom de la charia, en juillet 2012.

Où en est l’enquête ouverte en France?
Ouverte peu de temps après l’enlèvement, l’enquête préliminaire pour «séquestration et assassinat» est toujours en cours au parquet de Paris. Envoyés sur place, les enquêteurs français avaient retrouvé, dans l’hôtel où Serge Lazarevic a été enlevé, une puce de téléphone portable qui a permis d’identifier un homme. «Par une espèce de miracle, cet homme et son commando ont été arrêtés, rappelle à 20 Minutes Alexandre Varaut, avocat de la famille Lazarevic. Il a été détenu et interrogé à Bamako. Mais aujourd’hui, l’instabilité du pays fait que nous n’avons plus aucune nouvelle de lui. Nous ne savons mêmes pas s’il est libre ou détenu…»

L’enquête menée par le parquet a également permis de confirmer que Philippe Verdon, compagnon d’infortune de Serge Lazarevic, était bien mort, assassiné d’une balle dans la tête. Et non pas qu’il était décédé des suites de maladie comme les autorités françaises l’avaient laissé penser à un moment.

Que faisait Serge Lazarevic au Mali?
Capturé avec Philippe Verdon dans un hôtel de Hombori, au nord-est du Mali, Serge Lazarevic était, selon ses proches, en voyage d’affaires afin de monter un projet de cimenterie pour le compte d’une société malienne, la Mandé Construction Immobilière (MCI). Il se présentait comme un géologue. En revendiquant leur enlèvement, Aqmi avait pourtant présenté les deux hommes comme étant des agents secrets français. Une affirmation encore démentie, ce mercredi matin, par Alexandre Varaut, leur avocat.