Les violences subies par des mineurs en prison dénoncées

PRISON Le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL), Jean-Marie Delarue a saisi en urgence les autorités pour les alerter sur la situation des mineurs de la maison d’arrêt de Villeneuve-Lès-Maguelone...

D.B. avec AFP

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La maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), qui abrite 750 détenus.
La maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), qui abrite 750 détenus. — Dominique Faget AFP

Un cri d’alarme justifié par la gravité de la situation. Le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL), Jean-Marie Delarue a saisi en urgence les autorités pour les alerter sur la situation des mineurs de la maison d’arrêt de Villeneuve-Lès-Maguelone (Hérault).

«Tels qu’ils ont pu être établis, c’est-à-dire très vraisemblablement sous-estimés, les constats de violences qui s’y déroulent sont graves», écrit-il en dénonçant «les difficultés importantes» rencontrées par son service pour obtenir «les informations nécessaires à l’établissement des faits».

«L’essentiel de ces violences a lieu hors des cellules, lors des déplacements et dans la cour de promenade», constate Jean-Marie Delarue qui a relevé vingt-quatre violences graves dans la cour entre le 1er janvier 2013 et le 11 février 2014. «Parmi les agressions, neuf (plus du tiers) impliquent des enfants arrivés la veille ou l’avant-veille», détaille le contrôleur qui évoque «un rite de passage» et constate qu’à une exception près «aucune plainte» n’a été déposée.

Difficile d’agir sur le sujet

Face à cela, dit-il, «le personnel pénitentiaire apparaît démuni», «les procédures d’intervention des surveillants lourdes et lentes» tout comme «les procédures disciplinaires».

«Les soignants qui ont à connaitre des effets de violence ne souhaitent pas être liés à d’éventuelles suites judiciaires. Les enquêtes se heurtent au silence des victimes et de leurs parents», déplore-il, constatant une forme de «résignation».

«Ce sentiment ne peut être admis», tonne Jean-Marie Delarue qui regrette «qu’aucun effort» n’ait «été entrepris» dans cette maison d’arrêt depuis ses observations de 2009 qui faisaient déjà état de «cours de promenade abandonnées aux détenus».

Enfants en souffrance

Dans ses recommandations, il réaffirme la nécessité de «procédures d’intervention beaucoup plus promptes», d'«une éducation au respect mutuel» et d’une prise en charge des «enfants en souffrance». Il évoque aussi l’établissement de «liens de confiance avec les familles», la «nécessité de placer les auteurs d’agressions devant leurs responsabilités», l’importance des signalements des médecins et des poursuites judiciaires.