Propos homophobes lors du premier mariage d'homosexuels: Deux mois avec sursis

JUSTICE Le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du procureur, qui avait réclamé deux mois avec sursis à l'encontre de cet élève ingénieur à Montpellier...

B.D. avec AFP

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Vincent Autin et Bruno Boileau à l'issue de leur cérémonie de mariage, le 29 mai 2013 à Montpellier.
Vincent Autin et Bruno Boileau à l'issue de leur cérémonie de mariage, le 29 mai 2013 à Montpellier. — Pascal Guyot AFP

Un jeune homme a été condamné ce mardi à deux mois de prison avec sursis à Montpellier pour des injures homophobes lancées le 29 mai 2013 lors du premier mariage de deux homosexuels en France.

Le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du procureur, qui avait réclamé deux mois avec sursis à l'encontre de Arnaud Belda, élève ingénieur à Montpellier. Celui-ci a également été condamné à verser 3.800 euros de dommages-intérêts à Vincent Boileau-Autin, l'un des mariés, ainsi que 1.300 euros au Collectif contre l'homophobie et 100 euros à la Lesbian & Gay Pride Montpellier, deux associations parties civiles.

«Ces insultes restent une tâche indélébile»

A l'audience du 4 mars, l'étudiant avait nié avoir tenu de tels propos, affirmant avoir seulement manifesté contre le mariage pour tous. Avec «quatre compagnons» contactés sur Internet, le jeune homme avait préalablement repéré les lieux du mariage et s'était procuré des fumigènes et des pétards. L'après-midi de la cérémonie, le petit groupe avait manifesté à l'arrière de l'Hôtel de ville dans une zone interdite.

L'élève ingénieur, fumigène à la main, comme «la statue de la Liberté», avait été identifié par les forces de l'ordre comme étant l'auteur des insultes. «Ne quittons pas des yeux l'individu qui continue» à tenir des insultes homophobes, avait ainsi écrit dans son rapport un policier. «C'était mon mariage, le plus jour de ma vie. Ces insultes restent une tâche indélébile», avait pour sa part déclaré Vincent Boileau-Autin, indiquant n'être «pas étonné» par les dénégations à l'audience du mis en cause.

L'avocat du jeune homme, Me Pierre-Marie Bonneau, avait plaidé la «liberté d'expression» pour son client, soulevant également des points de nullité de procédure. Le jeune homme avait été interpellé à proximité des cars des chaînes de télévision, pendant la cérémonie. Placé en garde à vue, il avait été remis en liberté dans l'attente de son procès, qui a été renvoyé à quatre reprises.