VIDEO. Décès de Servier: «Il est parti sans un mot d’excuse», regrettent les victimes du Médiator

SANTE Les nombreuses victimes du Médiator sont inquiètes de la suite de la procédure judiciaire au lendemain du décès de Jacques Servier…

Vincent Vantighem

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Jacques Servier au tribunal de Nanterre le 21 mai 2013.
Jacques Servier au tribunal de Nanterre le 21 mai 2013. — A.GELEBART/20 MINUTES

Le téléphone de Jean-Christophe Coubris n’arrête pas de sonner depuis ce jeudi matin. «Beaucoup de clients appellent, confie l’avocat spécialisé dans la défense des victimes du Médiator. Ils sont inquiets. Ils veulent savoir si la procédure se poursuit…» Jacques Servier, fondateur du groupe pharmaceutique éponyme et «papa» du Médiator est mort mercredi à l’âge de 92 ans.


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«L’acteur principal est parti. Mais le film continue», poursuit Jean-Christophe Coubris. Sauf qu’il va falloir revoir le scénario en cours de tournage. Si le procès, prévu pour le premier semestre 2015, aura bien lieu, le petit homme rabougri qui incarnait le scandale sanitaire ne prendra donc jamais place dans le box des accusés. «On ne peut pas se réjouir de la mort de quelqu’un même si c’est son pire ennemi!», résume le docteur Dominique Courtois, qui préside une association de défense des victimes.

«Sa mort n’est pas une surprise»

On ne peut pas s’en réjouir mais on peut tout de même le regretter. «La plupart des malades nous disent ‘’Il est parti sans même un mot d’excuse à notre égard’’, poursuit Jean-Christophe Coubris. C’est ce qu’ils attendaient…»

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Présent quelques heures lors du premier procès qui s’était tenu à Nanterre (Hauts-de-Seine), Jacques Servier n’avait, à l’époque, fait part d’aucun regret à l’égard des nombreuses victimes présentes. «Sa mort n’est pas une surprise. Il était vieux et souffrant», explique Jacqueline Houdayer, président de la Cadus, une autre association de victimes.

«Le procès, on s’en fout!»

Originaire de l’Isère, Pierre Clavé tente de voir le verre à moitié plein. «Les laboratoires avaient placé le vieux Servier en première ligne car il était âgé, lâche cette victime. Mais il avait bien des équipes derrière lui. Il y a d’autres responsables. Si sa mort peut permettre de les mettre face à leurs actes, c’est tant mieux.»

Pour autant, le procès aura donc sans doute un goût d’inachevé pour de nombreuses victimes qui attendent ça depuis que la maladie s’est déclarée. «J’aimerai bien avoir la chance de vivre aussi longtemps que lui, lâche l’une d’entre elles. De toute façon, je ne crois pas qu’il aurait présenté des excuses. Il avait bien trop d’orgueil pour ça.»

Si sa voix s’est éteinte à jamais, les propos qu’il avait tenus à ses équipes au beau milieu du scandale résonnent en effet encore aujourd’hui. «Le procès, on s’en fout!»

Prescrit comme coupe-faim pendant des années, le Médiator -un anti-diabétique à la base- pourrait être responsable de 2.100 morts selon une expertise menée dans le cadre de l'enquête judiciaire.