Décès de Jacques Servier: «Pour les victimes, Jacques Servier, c'est secondaire»

INTERVIEW L'avocate de victimes du Mediator Christine Ravaz réagit à la mort du président-fondateur des laboratoires Servier...

Propos recueillis par Guilhem Richaud

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293 avis positifs d'indemnisation de victimes du Mediator ont été rendus à ce jour tandis que 1.784 dossiers ont été examinés sur un total de 8.350 demandes, selon un nouveau bilan fourni jeudi par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam).
293 avis positifs d'indemnisation de victimes du Mediator ont été rendus à ce jour tandis que 1.784 dossiers ont été examinés sur un total de 8.350 demandes, selon un nouveau bilan fourni jeudi par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). — Fred Tanneau AFP

Les laboratoires Servier ont annoncé ce mercredi la mort à 92 ans de leur président-fondateur, Jacques Servier, mis en cause dans le scandale du Mediator. Christine Ravaz, avocate de victimes, réagit à sa disparition.

Que vous inspire le décès de Jacques Servier?

Je viens d’entendre la réaction d’Irène Franchon, moi je serai beaucoup plus sobre. Je ne commente pas le décès d’un homme. Peu importe qui il soit.

Il ne pourra pas répondre de ses actes devant la justice…

Il ne sera pas jugé, mais ça, on s’y attendait un peu. On savait qu’il ne survivrait sans doute pas à la procédure. Pour les familles, ça ne change rien. Il n’est pas l’unique responsable. D’autres personnes sont concernées par la procédure. Ce qui importe, c’est que les sociétés qui ont fabriqué le Mediator soient jugées et que la procédure aboutisse enfin sur un procès.

Dans quel état d’esprit sont les victimes?

C’est qui est regrettable pour les familles, c’est que l’instruction soit aussi longue et qu’il n’y ait toujours pas d’indemnisation pour les victimes. Pour elles, Jacques Servier c’est secondaire. Elles savaient qu’il ne reconnaîtrait rien et qu’il ne se considérait pas comme responsable.